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Grèves des médecins : la ligne jaune est franchie

Toutefois, 21 associations membres du CISS estiment que les mouvements de grève actuels portent gravement atteinte aux rapports de confiance qui doivent fonder les relations entre les usagers du système de santé et les médecins. Le CISS ne dénie pas aux médecins le droit légitime à la revendication et à la protestation, mais le CISS s'élève contre les méthodes utilisées qui sont très contestables :

- Les médecins, qui décrètent et appliquent des augmentations sauvages de leurs honoraires, exercent un chantage intolérable sur leurs patients, particulièrement les plus défavorisés d'entre eux, contraints de payer la différence de leur poche, cette différence n'étant pas prise en charge par les organismes de remboursement. Les personnes malades ne doivent pas être instrumentalisées au profit d'une revalorisation des honoraires des médecins.

- En pratiquant la grève des gardes, en brandissant la menace d'une grève des actes, et en se dérobant aux réquisitions, certains médecins n'hésitent pas à menacer la permanence des soins. Ce faisant, ils violent le Code de Déontologie médicale. Prendre le risque de mettre en danger la santé de personnes nécessitant des soins ou des examens est un moyen de pression que le CISS juge inacceptable et profondément choquant. L'exercice de la médecine est avant tout un choix, qui ne saurait souffrir longtemps, sans en être flétri, des pratiques dont la conséquence directe est de brader la qualité des soins.

Pour le CISS, un débat public et une réflexion de fond sur la qualité et l'évaluation des soins sont aujourd'hui indispensables. Il s'agit là de questions primordiales sur lesquelles les professionnels restent trop souvent réservés. Pourtant, aucune réforme en profondeur du système de santé ne pourra être menée contre ses usagers.
Les associations membres du CISS restent mobilisées pour promouvoir :
- La reconnaissance des pratiques médicales à forte valeur ajoutée (par exemple : consultations approfondies, travail en réseaux de soins pluridisciplinaires) ;
- La reconnaissance de la mission de service public et de maintien du lien social qui est remplie par les professionnels de santé exerçant dans certaines zones rurales ou urbaines défavorisées ;
- La rénovation de la formation médicale initiale et continue.

Pour leur part, les associations membres du CISS souhaitent, plus que jamais, être partie prenante de cette réflexion, aux côtés de professionnels de santé et de pouvoirs publics responsables, pour un débat critique et citoyen.

Document publié le 15-02-2002

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