UFC Que Choisir de Nancy et environs

1818 - La fausse monnaie

C'est par le brigadier de la gendarmerie royale, à la résidence de Vézelise, que j'en ai été instruit ; c'est à l'aide de ce brave militaire, dont je ne puis trop louer l'intelligence et le zèle, que je suis parvenu à découvrir cette criminelle fabrication , à pénétrer dans l'atelier où elle était organisée, à en saisir tous les matériaux.

Le principal fabricateur, surpris en flagrant délit, est arrêté ; il est, ainsi que ses complices, entre les mains de la justice; j'invite ceux d'entre vous qui pourraient se procurer des renseignemens sur l'émission des fausses pièces qui sont en circulation, à me les transmettre de suite.

Je saisis , Messieurs, cette occasion pour vous rappeler les obligations que vous imposent , comme officiers de police auxiliaires , les articles 29 , 48 , 49 , 50, 53 et 54 du Code d'instruction criminelle.

Il ne vous est pas permis d'ignorer ce qui , dans vos communes respectives , se passe contre l'ordre public: dès que la connaissance d'un crime ou d'un délit vous parvient, vous devez , sur-le-champ, m'en donner avis ; vous devez, lorsque le délit est flagrant, ne pas vous borner à cet avis, mais de suite vous transporter sur les lieux, dresser procès­-verbal, recevoir la déclaration des témoins , requérir au besoin la force armée; enfin , en qualité de mes auxiliaires, faire tous les actes que la loi m'attribue, et qui sont détaillés aux articles 32 et 33 du Code précité, jusqu'à ce que je me rende sur place ; et, dans le cas où je ne le jugerais pas nécessaire , m'adresser, sans délai , tous les actes de la procédure.

La gendarmerie seule remplit exactement les devoirs que la loi prescrit à tous ; c'est par elle que me parvient la connaissance de presque tous les délits qui se commet­tent dans cet arrondissement ; en louant le zèle et l'activité de cette arme, je ne puis que remarquer d'autant plus l'espèce d'insouciance que mettent quelques-uns d'entre vous  dans celles de leurs fonctions que la loi les appelle à partager avec moi.

Très-certainement, la fabrique de fausse monnaie, établie à Praye, eût depuis longtemps été connue et découverte, si tous les fonctionnaires de ce canton eussent fait leur devoir.

Ne me mettez plus, Messieurs, dans la pénible néces­sité de vous adresser de pareils reproches. Rivalisons de zèle pour découvrir et poursuivre les délits et les crimes, pour assurer la tranquillité de l'arrondissement, et justi­fier, par ce moyen, la confiance dont nous honore le gouvernement.

J'ai l'honneur, messieurs, de vous saluer avec une parfaite considération,

LUXER

Document publié le 01-01-2004

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