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1842 - La colonisation de l'Algérie

La colonisation algérienne concentrée à présent, comme point de départ, dans le sahel d'Alger, s'opère par l'établissement successif de trois zones de villages que relient entre eux de bonnes routes, des chemins vicinaux et d'exploitation.

Leurs emplacements sont choisis dans des localités d'une salubrité reconnue, pourvues d'eau, à l'abri de toute attaque, à portée des camps et des brigades de gendarmerie.

Chaque village, entouré d'une enceinte défensive, est divisé en lots à bâtir disposés de manière à recevoir une maison, des écuries, une cour et même un petit jardin. Un territoire de 4, 5 ou 600 hectares, selon l'importance de l'établissement, est adjoint à chaque village et se trouve divisé en lots à cultiver comprenant de 4 à 12 hectares, selon les ressources, la famille et la position des concessionnaires. Ces ressources doivent être de 1,000 â 1,500 fr., au moins, pour une petite famille.

La concession est gratuite, elle ne donnera lieu à une redevance qu'après cinq ans. L'impôt foncier n'existe point encore en Algérie.

Chaque colon reçoit un titre provisoire de propriété, aussitôt qu'il s'est établi au village; ce titre devient définitif, quand les conditions de bâtir et de cultiver ont été remplies; la faculté d'hypothéquer son fonds, même pendant que le titre n'est que provisoire, est accordée au colon par le Directeur de l'Intérieur.

Des baraques sont établies dans les nouveaux villages pour abriter les colons, en attendant qu'ils aient construit leurs maisons. A cet effet, il leur est accordé, quand il est reconnu qu'ils ont des ressources pécuniaires suffisantes, un secours en matériaux à bâtir, qui peut s'élever jusqu'à une valeur de 600 fr.; ils sont en outre aidés dans la culture des terres par des prêts temporaires de boeufs, et par des dons soit gratuits soit à charge de remboursement, de semences et d'instruments aratoires. Des arbres fruitiers et autres leur sont délivrés par la pépinière du Gouvernement.

Il importe que les colons ne se rendent dans la colonie qu'après avoir fait parvenir leurs demandes à M. le Directeur de l'Intérieur à Alger, soit directement, soit par l'intermédiaire de M. le Ministre de la Guerre et après avoir reçu l'avis que des lots leur sont réservés dans un village. Les colons qui auront reçu cet avis recevront aussi des permis de passage gratuit de Marseille ou de Toulon à Alger et il importe sur­tout qu'aucun ne fasse de disposition de départ, soit par la vente de ses propriétés, soit de toute autre manière, avant d'avoir reçu l'avis ci­-dessus indiqué.

Toutes les demandes de concessions doivent faire connaître le nombre, l'âge et le sexe des membres de la famille ainsi que la somme dont elle peut disposer, et sa déclaration, à cet égard, doit être certifiée par le Maire et visée par le Sous-Préfet.

Veuillez, Messieurs, toutes les fois que l'occasion s'en présentera, donner connaissance des renseignements qui précèdent à vos administrés.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Préfet de la Meurthe, L. ARNAULT.

Document publié le 01-01-2004

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