UFC Que Choisir de Nancy et environs

1866 - Les problèmes de l'Algérie

Nancy, le 11 juillet 1866.

LE PRÉFET DE LA MEURTHE,

A MM. les Sous-Préfets et Maires du département. Messieurs,

J'ai l'honneur de vous transmettre, ci-après, une circulaire dans laquelle M. le Ministre de l'Intérieur m'invite à provoquer des souscriptions dans toutes les communes du département, pour venir en aide aux populations de l'Algérie, dont les récoltes ont été dévastées par l'invasion d'une in­nombrable quantité de sauterelles.

Je vous prie, Messieurs, de provoquer dans vos arrondissements et vos communes des souscriptions en vue de soulager ces grandes infortunes, et de réclamer à cet effet le concours des fonctionnaires et autres personnes douées de sentiments philanthropiques. Les populations de la Meurthe sont aminées d'un sincère patriotisme et d'une inépuisable charité, on est sûr d'être entendu quand on fait appel à leur coeur, et je ne doute pas qu'elles ne tiennent à honneur de s'associer, dans une large mesure, aux efforts de la mère-patrie pour soulager les malheureux cultivateurs de l'Algérie.

Ainsi que le fait connaître la circulaire ministérielle, les souscriptions seront versées chez les Percepteurs, chargés de les centraliser à la caisse des Receveurs particuliers. MM. les Maires voudront bien me faire parvenir une copie des listes, afin que les noms des souscripteurs puissent ètre publiés dans les journaux du département ainsi qu'au Moniteur universel.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Préfet,

PODEVIN.

 

 

Paris, le 7 juillet 1866.

Monsieur le Préfet,

Vous avez lu au Moniteur universel des 1er  et 6 juillet, l'exposé des souffrances des populations agricoles de l'Algérie.

« D'épaisses colonnes de sauterelles, venues des profondeurs du Sud, se sont abattues dans les champs du Tell, et, après avoir dévoré une partie des récoltes sur pied et jusqu'aux feuilles des arbres, ont donné naissance à d'innombrables légions de criquets qui attaquent aujourd'hui tout ce que la première invasion avait épargné. Les efforts réunis de l'armée, des colons et des populations indigènes n'ont pu conjurer un désastre contre lequel les forces humaines sont impuissantes. »

L'Empereur s'est ému de ces souffrances, et, sur la proposition de M. le maréchal ministre de la guerre, Sa Majesté a décidé que la souscription publique, ouverte en Algérie en faveur des nombreuses victimes du fléau, serait étendue à toute la France.

LL. MM. et le Prince Impérial se sont fait déjà inscrire en tête des listes pour une somme de 35,000 francs.

Les chefs des grands commandements militaires ont reçu l'ordre d'organiser, chacun dans son ressort, des commissions chargées de provoquer et de recueillir les offrandes volontaires. Le comité central siégeant à Paris, sous la présidence du maréchal Canrobert, dirigera l'ensemble des opérations.

Dans les départements, les souscriptions seront versées chez les Trésoriers-payeurs-généraux, chez les receveurs particuliers et les percepteurs. Le produit en sera transmis à la Caisse du Trésor du ministère de la guerre, rue de l'Université, n• 71.

Le Moniteur universel enregistrera les noms des donateurs.

La France, dont les sympathies appartiennent à toutes les mi­sères, répondra généreusement au nouvel appel fait à ses sentiments de charité et de patriotisme. Elle n'oublira pas que notre colonie algérienne, si cruellement éprouvée aujourd'hui, est venue spontanément, en 1856 et 1863. au secours des populations de la métropole, atteinte par les inondations ou par la crise cotonnière.

En ce qui vous concerne, Monsieur le Préfet, vous voudrez bien prêter votre concours le plus large aux autorités militaires, spécialement chargées par le comité central d'organiser la souscription. Vous appellerez à y coopérer les populations des villes et des cam­pagnes, les Sous-Préfets, les maires, les nombreux fonctionnaires ou agents qui relèvent de votre administration ; et, de cette réunion d'efforts intelligents et généreux sortira, e n'en doute pas, pour notre colonie d’Afrique, un soulagement à la hauteur des épreuves qu'elle traverse.

Je vous prie de donner, dès à présent, la plus grande publicité à cette circulaire. Vous la ferez reproduire dans tous les journaux de votre département et dans le Recueil des Actes administratifs et vous me rendrez compte du résultat de vos soins.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Ministre de l'intérieur, LA VALETTE.

Document publié le 01-01-2004

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