UFC Que Choisir de Nancy et environs

1849 - Le chomage

Nancy, le 4 février 1849.

MESSIEURS,

Par les circulaires des 23 août, 16 octobre et 14 novembre 1848, vous avez été invités à ne point délivrer de passeports pour Paris aux individus dépourvus de moyens d'existence.

Il paraît que les dispositions prescrites par ces circulaires ne sont pas généralement exécutées, car un grand nombre d'ouvriers sans ressources, continuent à se diriger de la province sur Paris, où il leur est impossible de se procurer du travail. Une telle agglomération d'in­dividus nécessiteux dans la capitale, présente de graves inconvénients et doit être pour le Gouvernement une cause permanente d'inquiétudes. Le moyen de remédier aux dangers de cet état de choses, est d'ap­porter la plus grande réserve dans la délivrance de passeports pour Paris; il importe donc que MM. les Maires en refusent pour cette desti­nation et même pour les départements avoisinant la capitale, à tous les individus qui ne justifieraient pas de ressources suffisantes pour y vivre, ou ne pourraient fournir la preuve écrite qu'ils y seraient réellement occupés et y trouveraient des moyens d'existence assurés.

Faites connaître aux ouvriers honnêtes qui veulent aller à Paris , que leurs espérances seraient déçues et que la plus grande partie de leurs camarades ne subsistent dans cette ville, qu'à l'aide de secours. à peine suffisants et que les ressources de la ville ne permettraient pas d'accorder à de nouveaux arrivants.

Enfin, conformez-vous exactement aux prescriptions contenues dans les circulaires susdites, notamment dans celle du 16 octobre (page 378 du Recueil) et prenez les mesures nécessaires pour que tous les individus voyageant sans papiers et se dirigeant sans autori­sation régulière sur Paris, pour y chercher de l'ouvrage, soient mis dans l'obligation de rétrograder.

Pour compléter ces mesures de précaution, j'invite la gendarmerie à exercer sur toutes les routes la vigilance la plus active, relativement aux voyageurs qui ne seraient pas munis de pièces régulières, et à déférer à l'autorité judiciaire les vagabonds et gens sans aveu.

Je compte, Messieurs, sur votre zèle et sur votre fermeté.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée,

Le Préfet de la Meurthe, A. BRUN.

Document publié le 01-01-2004

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