UFC Que Choisir de Nancy et environs

1825 - Les vaccinations

Après avoir fait connaître l'objet de la réu­nion, il a invité M. le docteur Serrières, secrétaire du co­mité, à lire le rapport qu'il avait préparé à cet effet.

On a vu par ce rapport, que la petite vérole s'était ma­nifestée sur plusieurs points du département en l'année 1824 ; elle y a été introduite par une étrangère logée par charité à son passage dans une commune, et qui avait avec elle un enfant atteint de cette cruelle maladie. De cette commune, la petite vérole s'est bientôt propagée dans plusieurs autres, et c'est principalement dans la ville de Nancy qu'elle a frappé un plus grand nombre d'individus de tout âge et de tout sexe.

M. le docteur Serrières a payé à M. le maire de cette ville le tribut de reconnaissance qui lui est dû pour le zèle et les soins qu'il a mis à propager la vaccine dans cette circonstance, et c'est en grande partie à la peine qu'il a prise de se rendre lui-­même avec le vaccinateur dans les écoles publiques et les maisons des orphelins, que sont dûes les vaccinations en grand nombre qui se sont faites à Nancy.

L'irruption de la petite vérole dans la ville de Nancy a fourni aux médecins distingués qui s'y trouvent , l'occasion d'examiner de nouveau la marche de cette maladie et les ef­fets de son préservatif, et de leurs observations il est résulté des preuves nouvelles et incontestables, qu'aucun des sujets qui ont été vaccinés et sur lesquels la vaccine a eu son entier développement , n'avaient pu gagner la petite vérole soit en les faisant habiter avec les variolés , soit en leur inoculant mème le germe de cette cruelle maladie, de plus , des mères de famille qui ont été atteintes de la petite vérole ont allaité leurs enfans qui avaient été vaccinés , sans leur communiquer la variole.

M. le docteur Serrières n'a point oublié de faire mention des secours que l'administration a trouvé dans le concours de MM. les ecclésiastiques de ce diocèse qui, dans tous les temps, ont réuni leurs efforts à ceux des autorités pour vaincre la répugnance de quelques familles à profiter d'un préservatif qui est un bienfait de plus de la Providence, qui veille sur nous.

Il a aussi fait connaître que M. le marquis de Pange avait pris des mesures, de concert avec MM. les chefs des régiments en garnison dans le département , pour que tous les soldats qui n'avaient pas été vaccinés , le fussent.

Le nombre des naissances en 1824 a été de 12 367 indivi­dus ; celui des individus vaccinés fut élevé à 15 243 , et le nombre des individus qui ont eu la petite vérole à 620 ; 46 en sont morts ; 6 en sont restés estropiés.

On doit des éloges à un grand nombre de MM. les vacci­nateurs qui ont, pour la plupart, répondu à la confiance de l'administration; mais on ne doit point laisser ignorer la charité avec laquelle les soeurs hospitalières de la ville de Nancy ont soigné les variolés qui , se trouvant presque tous dans la classe indigente, ont reçu dans cette circonstance de nouveaux témoignages de l'action et du pouvoir de la reli­gion sur les âmes charitables.

M. le docteur Serrières a fait connaître aussi au comité que MM. Nollet , officier de santé à Nancy et Burckardt , médecin à Sarrebourg, avaient obtenu du gouvernement des médailles d'argent pour les vaccinations qu'ils ont faites en 1823.

Indépendamment des indemnités qui ont été accordées à MM. les vaccinateurs , sur les fonds communaux qui y sont destinés, il a été distribué des marques particulières de distinction à neuf d'entre eux qui ont déployé un zèle plus spécial. Ces vaccinateurs sont MM. Tournay de Vezelize, Burckardt de Sarrebourg, Nollet de Nancy, Goeury de Lunéville , Toussaint de Saint-Nicolas, Zugmayer de Château-Salins, Vimart de Pont-à-Mousson, Fleurot de Lorquin, et Vauthier de Nomeny.

En terminant son rapport , M. le docteur Serrières a rap­pelé au comité, la sollicitude que M le vicomte de Villeneuve a toujours mis à propager la vaccine, et il a saisi cette occa­sion pour se rendre l'interprète des regrets qu'a causé son dé­part aux habitans du département de la Meurthe , en les félicitant toutefois d'avoir retrouvé dans M. le marquis de Foresta, un administrateur qui , comme M. le vicomte de Villeneuve , n'a de plus grand désir que celui de contribuer de tout son pouvoir à tout ce qui peut améliorer la situation du département dont l'administration lui est confiée.

Après quoi , MM. les membres du comité ont exprimé tout l'interêt que leur avait fait éprouver le rapport qu'ils ve­naient d'entendre et se sont séparés en faisant des voeux pour que les sages mesures prises par l'administration pour éloi­gner du département le fléau de la petite vérole, aient tou­jours d'heureux résultats.

Document publié le 01-01-2004

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