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1859 - La guerre avec l'Autriche

Toutes les grandes Puissances ont protesté contre cette agres­sion.

Le Piémont ayant accepté les conditions qui devaient assurer la paix, on se demande quelle peut être la raison de cette inva­sion soudaine. C'est que l'Autriche a amené les choses à cette extrémité qu'il faut qu'elle domine jusqu'aux Alpes ou que l'Italie soit libre jusqu'à l'Adriatique; car, dans ce pays, tout coin de terre demeuré indépendant est un danger pour son pouvoir.

Jusqu'ici, la modération a été la règle de ma conduite; main­tenant, l'énergie devient mon premier devoir.

Que la France s'arme et dise résolument à l'Europe: - Je ne veux pas de conquêtes, mais je veux maintenir sans faiblesse ma politique nationale et traditionnelle ; j'observe les traités, à con­dition qu'on ne les violera pas contre moi; je respecte le terri­toire et les droits des puissances neutres; mais j'avoue hautement ma sympathie pour un peuple dont l'histoire se confond avec la nôtre et qui gémit sous l'oppression étrangère.

La France a montré sa haine contre l'anarchie; elle a voulu me donner un pouvoir assez fort pour réduire à l'impuissance les fauteurs de désordre et les hommes incorrigibles de ces anciens partis qu'on voit sans cesse pactiser avec nos ennemis ; mais elle n'a pas, pour cela, abdiqué son rôle civilisateur.

Ses alliés naturels ont toujours été ceux qui veulent l'amélio­ration de l'humanité; et quand elle tire l'épée, ce n'est point pour dominer, mais pour affranchir.

Le but de cette guerre est donc de rendre l'Italie à elle-même, et non de la faire changer de maître, et nous aurons à nos fron­tières un peuple ami qui nous devra son indépendance.

Nous n'allons pas en Italie fomenter le désordre ni ébranler le pouvoir du Saint-Père, que nous avons replacé sur son trône, mais le soustraire à cette pression étrangère qui s'appesantit sur toute la Péninsule; contribuer à y fonder l'ordre sur des intérêts légitimes satisfaits.

Nous allons enfin sur cette terre classique, illustrée par tant de Victoires, retrouver les traces de nos pères; Dieu fasse que nous soyons dignes d'eux !

Je vais bientôt me mettre à la tête de l'armée. Je laisse en France l'Impératrice et mon Fils. Secondée par l'expérience et les lumières du dernier Frère de l'Empereur, Elle saura se mon­trer à la hauteur de sa mission.

Je les confie à la valeur de l'armée qui reste en France, pour veiller sur nos frontières, comme pour protéger le foyer domes­tique. Je les confie au patriotisme de la garde nationale. Je les confie enfin au peuple tout entier, qui, les entourera de cet amour et de ce dévouement dont je reçois chaque jour tant de preuves.

Courage donc et union ! Notre pays va encore montrer au monde qu'il n'a pas dégénéré.

La Providence bénira nos efforts, car elle est sainte aux yeux de Dieu, la cause qui s'appuie sur la justice, l'humanité, l'amour de la patrie et de l'indépendance.

Palais des Tuileries, le 3 mai 1859.

NAPOLEON.

 

 

(Cabinet.) - Emprunt de 500 millions.

Nancy, le 5 mai 1859.

LE PRÉFET DE LA MEURTHE,

A MM. les Maires du département.

MESSIEURS,

La loi du 2 de ce mois autorise le Gouvernement à emprunter uns somme de cinq cents millions applicable aux dépenses extraordi­naires occasionnées par la guerre d'Italie.

Afin de ne pas laisser les capitaux en suspens, et bien que le tré­sor soit en situation, par les ressources qu'il tient en réserve et les moyens ordinaires dont il dispose, de consacrer plus de trois cents millions aux premières nécessités de la guerre, l'Empereur a décidé que cet emprunt serait fait immédiatement par voie de souscription nationale.

Un numéro supplémentaire du Moniteur des communes, contenant la loi d'emprunt, le rapport à I'Empereur, le décret de Sa Majesté, l'arrêté qui règle les formes et les conditions de l'emprunt est envoyé dans toutes les communes.

Vous voudrez bien, à la réception de la présente circulaire, la faire publier à son de caisse dans votre localité, ainsi que le numéro du Moniteur des communes que vous aurez reçu ; ce numéro sera en­suite affiché à la porte de la Mairie.

Je ne saurais trop vous recommander de donner la plus grande publicité aux actes du Gouvernement relatifs à l'emprunt; vous les trouverez d'ailleurs reproduits ci-après, et vous aurez soin d'en don­ner communication à toutes les personnes qui le désireraient.

Après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, l'Empereur se voit forcé par une injuste agression, de recourir à la force des armes; il va se mettre à la tête de l'armée pour la conduire à de nouveaux triomphes sur cette terre qu'ont illustrée nos pères. Les voeux et l'a­mour du pays le suivront partout; l'appel qu'il adresse au dévoue­ment et au patriotisme du Peuple Français sera entendu, et les po­pulations lorraines tiendront à honneur de montrer encore que l'Empereur peut compter sur elles, quand il s'agit de défendre l'honneur national et de soutenir une cause qui s'appuie sur la justice, l'humanité, l'amour de la patrie et de l'indépendance.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distin­guée.

Pour M. le Préfet, en tournée de révision:

Le Conseiller de Préfecture délégué,

MAMELLE.

Document publié le 01-01-2004

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