UFC Que Choisir de Nancy et environs

1851 - Les arnaques

Nancy, le 19 juin 1851.

MESSIEURS,

J'ai l'honneur de vous adresser copie d'une circulaire de M. le Ministre de la Guerre, sur laquelle j'appelle toute votre attention. Veuillez, Messieurs, prendre toutes les mesures nécessaires pour que les abus qu'elle signale ne puissent plus se produire. Une exploitation semblable est honteuse. Je compte, Messieurs, sur votre esprit de justice pour y mettre fin.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet. A. DE SIVRY.


MINISTÈRE DE LA GUERRE.
Paris, le 31 mai 1851.

Général, l'augmentation considérable du nombre des anciens militaires qui sollicitent des secours du Gouvernement, a donné lieu, sur divers points, à un genre de spéculation qu'il importe d'arrêter.

Des individus abusant de la crédulité de nos vieux soldats et s'attribuant la mission de les éclairer sur leurs droits, de sauvegarder leurs intérêts, parcourent les campagnes, se présentent à leur domicile, examinent leurs papiers, et les excitent à former des demandes de secours qu'ils rédigent eux-mêmes, ainsi que les apostilles ou attestations de l'autorité locale, qui trop souvent signe aveuglement par ignorance ou par condescendance. En retour de leurs soins, ces agents officieux se font remettre, soit immédiatement et par avance, soit quand le secours est obtenu, une partie de la somme qui ils sont censés avoir fait accorder.

Ainsi, l'allégement que le Gouvernement s'efforce d'apporter à des infortunes si dignes d'intérêt, et que malheureusement il ne peut pas proportionner aux besoins, se trouve encore amoindri par l'effet d'une odieuse cupidité.

Je crois donc devoir vous inviter, Général, à prendre, sans délai, des mesures pour paralyser ces coupables manœuvres. Vous vous concerterez avec MM. les Préfets, afin que l'autorité municipale, avertie, prémunisse les intéressés contre l'abus signalé, leur explique la marche à suivre, et leur démontre ainsi l'inutilité de toute intervention officieuse.

On rappellerait en même temps aux Maires qu'ils ne doivent appuyer que des demandes motivées sur des besoins réels; celles-là seules doivent être accueillies, puisque les fonds disponibles suffisent à peine pour y satisfaire.

Recevez, etc.
Le Ministre de la guerre,
Signé : RANDON.
Pour copie :
Le Général commandant la 2° subdivision de la 3° division militaire.
Signé : Général DE BOURJOLY.

Document publié le 01-01-2004

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