UFC Que Choisir de Nancy et environs

1868 - Le traitement du chomage

Nancy, le 6 janvier 1868.
LE PREFET DE LA MEURTHE, à MM. Les Maires du département.
Messieurs,

La situation des classes malheureuses, déjà si difficile à cause du prix élevé des subsistances, s’est encore sensiblement empirée par la rigueur inaccoutumée de la température et de l’interruption presque forcée des travaux de l’extérieur : un grand nombre de familles manquent de pain et de moyens de chauffage, et se trouvent réduites à la plus affreuse misère : c’est un devoir d’humanité que de prendre des mesures pour venir à leur secours.

J'invite en conséquence MM. les Maires des communes qui possèdent des bureaux de bienfaisance, à s'occuper sans retard de la distribution des secours qui peuvent être accordés par ces établissements. J'autorise en outre la réunion extraordinaire des Conseils municipaux de toutes les communes du département, à l'effet de voter, pour le même objet, le prélèvement d'une certaine somme sur les fonds disponibles. Mais, dans la plupart des communes, les ressources limitées de la charité publique ne pouvant suffire à soulager toutes les infortunes, je vous engage Messieurs, à stimuler la charité privée et à provoquer des souscriptions dans le même but, soit en argent soit en nature.

Je méconnaîtrais vos sentiments si, doutant de votre zèle, je cherchais à développer les considérations d’humanité et d’ordre public qui doivent vous exciter dans cette circonstance ; aussi suis-je persuadé que vous ne négligerez rien pour venir en aide à vos administrés malheureux ; il me suffira de dire que le temps presse et que les secours auront d’autant plus d’efficacité qu’ils seront plus promptement distribués.

J’apprendrai avec un véritable plaisir ce qui aura été fait dans chaque commune pour l’exécution de la présente circulaire.

Recevez, Messieurs, l’assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet, PODEVIN

Document publié le 01-01-2004

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