UFC Que Choisir de Nancy et environs

1868 - Les dames patronesses

Nancy, le 25 février 1868.
Monsieur le Maire,

Jusqu'à présent, les dames n'ont pas fait partie des comités locaux de patronage institués dans le département, pour la surveillance des enfants assistés. Les comités ont été ainsi privés d'un concours de nature à fortifier leur action et à la rendre plus efficace. Il me paraît utile aujourd'hui, de combler
cette lacune.

Je n'ai pas besoin, du reste, de vous faire remarquer qu'en raison même du rôle important qui lui est dévolu dans la famille, la femme est apte à juger de certains détails qui échapperaient le plus souvent à l'homme le mieux disposé à remplir une mission de charité; elle conviendra mieux dans bien des circonstances et entr'autres dans la surveillance des enfants du premier âge; elle s'apercevra de faits auxquels nous n'aurions pas songé et nos pupilles ne pourront que gagner, sous tous les rapports, à ce contrôle d'autant plus minutieux, qu'il puisera sa source dans les sentiments même de la maternité.

Les institutrices sont bien appelées à seconder les comités et je ne prétends pas les en éliminer. Je rends, au contraire, justice à leur zèle. Mais elles se doivent à leurs élèves avant tout, et elles n'ont nécessairement que très-peu de temps à donner en dehors de leurs occupations obligatoires.

Je vous prie donc, Monsieur le Maire, de vouloir bien faire choix de de quelques-unes des dames de votre localité, pouvant être nommées membres du comité de patronage, et de me donner ensuite leurs noms et leur âge, ainsi que des renseignements sur elles et sur leur famille. Je conférerais ces fonctions à trois d'entr'elles.

Je n'ai pas besoin de vous recommander de me présenter des personnes dévouées, d'une moralité reconnue et auxquelles leur fortune et leurs occupations permettent de remplir la mission que j'ai l'intention de confier à leur sollicitude.

Il va sans dire que je verrais avec plaisir, votre dame, figurer en première ligne et que l'administration ne pourrait que se féliciter d'une coopération aussi précieuse.

Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet de la Meurthe.
Par délégation, le Secrétaire général de la Préfecture,
MEUNIER.

Document publié le 01-01-2004

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