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1873 - Les soucis politiques

Vous verrez qu'en nous traçant notre devoir elle assure aux populations que l'ordre matériel et moral trouvera, dans le Gouvernement, un gardien vigilant.

Durant les pénibles épreuves que le département subit depuis le mois d'août 1870, votre concours a été fidèlement acquis à l'Administration, quoique la dure loi de l'occupation allemande l'ait rendu quelquefois pénible; j'y fais appel aujourd'hui de nouveau, bien convaincu qu'il ne manquera pas d'avantage. C'est une condition nécessaire pour continuer et mener à fin le relèvement du pays.

Je vous prie, Messieurs, d'agréer l'assurance de ma considération très-distinguée et de mon dévouement.
Le Préfet,
H. DONIOL.

Cabinet du Ministre de l'Intérieur.
Versailles, le 1er Juin 1873.
Monsieur le Préfet, je vous disais dans ma dépêche du 25 mai :

« Aucune équivoque ne doit altérer le caractère des résolutions de l'Assemblée Nationale auxquelles le Gouvernement se conformera scrupuleusement. Rien n'est changé dans les institutions qui régissent la France ; le Président de la République exerce le pouvoir au même titre et en vertu des mêmes lois que son prédécesseur ».

Cette déclaration que je vous adressais dès la première heure avait pour but de faire ressortir les conditions de légalité rigoureuse dans lesquelles s'est accomplie la transmission du pouvoir exécutif.

Pour la première fois en effet, un gouvernement tout entier a fait place à un gouvernement nouveau sans que la sécurité ait été compromise : le pays est resté calme, les administrations ont fonctionné avec régularité, le travail ne s'est pas ralenti, le crédit s'est relevé et la confiance des nations voisines n'a pas été ébranlée.

Ce rare exemple contient pour l'avenir des présages rassurants et nous apprend que la liberté, quelle que soit la forme du Gouvernement, cesse d'être un danger lorsqu'elle est contenue par le respect absolu de la loi.

Le Gouvernement, Monsieur le Préfet, vous donne sa confiance ; il réclame en échange tout votre dévouement : mes instructions ne vous feront pas défaut, n'hésitez pas à vous y conformer et ma responsabilité couvrira toujours la vôtre. Ce que l'Assemblée Nationale attend avant tout du Gouvernement qu'elle a institué, c'est un personnel administratif inspiré par une même pensée, dirigé avec précision et se mettant ouvertement à la tête des conservateurs.

L'administration doit être à tous ses degrés la représentation fidèle de cette politique réparatrice, qui seule peut raffermir ce pays si cruellement éprouvé. N'hésitez pas à dire bien haut de quel côté sont vos sympathies et nos encouragements : appelez à l'union tous les bons citoyens; qu'ils se fortifient par la pratique exacte des devoirs de la vie publique; ce n’est que par cette ferme conduite et par le maintien énergique de tous les principes conservateurs que nous pourrons constituer en France une vraie majorité de Gouvernement.

Entrez, dès à présent, en communication constante avec les populations que vous administrez, la netteté de votre attitude suffira pour relever leur moral, décourager les tendances anarchiques et assurer partout le respect de l'Assemblée Nationale et de la loi.

Que tous ceux qui veulent réorganiser le pays sous la présidence de l'Illustre Maréchal, que les dépositaires de la souveraineté nationale ont élu, sachent enfin qu'ils seront résolument soutenus et défendus.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très distinguée.
Le Ministre de l'Intérieur, BEULÉ.

Document publié le 01-01-2004

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