UFC Que Choisir de Nancy et environs

1816 - La prévention des incendies

Nancy, le 21 février 1816.

Messieurs les maires, de tous les objets sur lesquels doit s'exercer la vigilance des autorités, il n'en est point que leur importance recommande davantage à votre sollicitude, que les incendies.

C'est principalement dans les communes rurales qu'ils sont le plus fréquens, et qu'ils entraînent des suites plus funestes, parce que les moyens préservatifs y sont plus négligés qu'ailleurs.

De là l'espèce de prédilection qu'apporte l'administration à ordonner qu'on renouvelle, au moins une fois l'an, dans chaque commune, la publication des réglemens, tant généraux que locaux, qui défendent d'allumer des feux dans les champs ou dans les rues, et qui exigent périodiquement le ramonage des cheminées et la visite des fours.

Vous n'aurez sans doute pas manqué de satisfaire aux obligations que vous imposent ces réglemens. Mais aux mesures de précautions qu'ils indiquent, je dois vous engager à en ajouter une, dont l'efficacité me paraît immanquable, autant que l'exécution en est facile. Elle consiste à établir, dans les communes rurales, des rondes de nuit, composées de trois ou quatre personnes, prises de préférence parmi les membres de la garde de sûreté, et qui présentent par cela seul plus de garantie à la confiance publique.

Ces rondes, en parcourant le territoire, sous la direction du maire, de l'adjoint, d'un conseiller municipal ou de tout autre notable, peuvent faire échouer les tentatives des incendiaires, ou appeler du secours à l'instant même où le feu se déclarerait dans une habitation. Elles ne contribueront pas moins, enfin, à empêcher les vols nocturnes, ou à en faire découvrir les auteurs, ainsi qu'à maintenir la police intérieure des communes, en déjouant à temps les efforts de la malveillance, quelle forme qu'elle emprunte.

Lorsque je réclame la coopération immédiate des gardes de sûreté pour la surveillance dont il s'agit, c'est que, certain de leur dévouement et du bon esprit dont ils sont tous animés, je me persuade qu'ils regarderont le nouveau service qui leur est demandé, comme rentrant essentiellement dans le but de leur institution.
Cette mesure, au reste, ne dispense en aucune manière la gendarmerie ni les gardes-champêtres du service qui leur est respectivement attribué, et dont on doublerait peut-être l'utilité, en le coordonnant avec celui que feront les gardes de sûreté.

Elle ne vous interdit pas non plus la faculté de prendre telles autres dispositions que vous sembleraient comporter les circonstances et les localités; mais je désirerais alors que vous me fissiez connaître les ordres que vous aurez donnés, et leur résultat.

Recevez, Messieurs, l'assurance de mon affectueuse considération.
Le contre-amiral, préfet de la Meurthe:
Signé, le comte DE KERSAINT.

Document publié le 01-01-2004

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