UFC Que Choisir de Nancy et environs

1816 - La repression de la mendicité

Nancy, le 24 avril 1816.

Messieurs, il n'y a pas de doute que le conseil général du département ne donne, lors de sa prochaine session, une attention toute particulière aux moyens qui lui seront proposés pour arrêter les progrès de la mendicité, et préparer, avec le temps, l'extirpation d'un si grand fléau.

J'aurai besoin de renseignements, les plus exacts que possible, pour éclairer à cet égard la vive sollicitude de ses membres. Je vais vous les demander avec la confiance que je puise dans la haute importance de l'objet.

Le premier pas à faire est de connaître, au juste, le nombre des mendians, distingués en valides et en infirmes.

Le tableau qui renfermera ces notions, devra indiquer:
Les nom et prénoms des individus;
Leur âge ;
Leur domicile;
S'ils sont mariés on veufs, ou célibataires;
S'ils ont des enfans, et combien ;
Leurs ressources, s'ils n'en sont pas tout-à-fait dépourvus;
A quoi on pourrait les employer ;
S'ils sont munis d'une permission de mendier, et quel usage ils en font;
S'ils se bornent à exploiter la commune de leur domicile, ou s'ils s'en éloignent fréquemment, dans quelle direction et pour combien de temps.
Une colonne d'observations servira à compléter la notice, en y insérant quelques réflexions sur la moralité et les habitudes du mendiant.

Tel est, Messieurs, le travail que j'attends de vous à cet égard, et dont je fixe l'envoi, pour tout délai, au 6 mai
prochain, sans faute. Rien ne pourrait motiver un plus long retard, et je serais forcé de regarder comme inexcusable tout maire qui ne m'aurait pas fait parvenir sa réponse dans le terme accordé.

Les maires des arrondissemens autres que celui de Nancy, adresseront le tableau dont il s'agit à leur sous-préfet respectif, et je le recevrai directement de ceux de l'arrondissement du chef-lieu. Quant à la forme, je désire que, pour faciliter le dépouillement, vous n'employiez que du papier ordinaire dans toute sa longueur.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.

Le contre-amiral, préfet de la Meurthe :
Signé, le comte DE KERSAINT,



Document publié le 01-01-2004

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