UFC Que Choisir de Nancy et environs

1821 - Les plantations d'arbres

Nous, maître des requêtes, préfet du département de la Meurthe,
VU les circulaires des 6 novembre 1817 et 10 février 1820, par lesquelles S. Exc. le ministre de l'intérieur appelle les regards de l'administration sur le défrichement des terres incultes et le dessèchement des marais, pont les rendre à l'agriculture, et en accroître les produits;

Vu également notre circulaire du 6 décembre 1817, insérée au recueil des actes administratifs, n° 36;
Considérant qu'il, importe sur-tout de boiser les clairières et les collines, dont les surfaces à nu cessent d'alimenter les sources, et de retenir dans l'atmosphère une humidité salutaire;

Considérant que le dépeuplement et sur-tout le défrichement, des revers a des suites plus funestes encore, en ce que la terre végétale, et les débris de roches, n'étant plus retenus par les racines des arbres, descendent avec les eaux, et se trouvent entraînés dans les plaines, qu'ils rendent stériles ;

Considérant que le moyen de parer à ces divers inconvéniens serait de multiplier les plantations;

Considérant que celles des arbres fruitiers présenteraient des avantages d'autant plus grands, qu'elles remplaceraient efficacement celles champêtres , qui existaient sur tous les points de cette province avant la révolution, ce qui ouvrirait de nouvelles sources à diverses branches d'industrie oenologique peu répandues dans ce département;

Considérant qu'il entre essentiellement dans les attributions des sociétés d'agriculture, établies par nos arrêtés des 13 mars et 9 septembre 1820, d'éclairer l'administration, et de la mettre à même, par ses utiles travaux et des encouragemens sagement répartis, de donner à cette branche importante de l'économie publique les améliorations qu'elle réclame;

Arrêtons :
1° Les maires de toutes les communes du département sont chargés de faire des recherches sur la nature et la quotité des plantations nouvelles, dont le sol serait susceptible.

Pour favoriser le développement et l'exactitude des renseignemens à obtenir, les maires sont priés de consulter ceux de leurs habitans les plus en état de les éclairer; ils sont de plus autorisés à en conférer avec leur conseil municipal, que, dans ce cas, ils auront la faculté de convoquer extraordinairement pour un jour. Tous les documens résultant de cette investigation, seront transmis par les maires, avant le 1er février 1822, à leur sous-préfet respectif, et, à la préfecture, pour l'arrondissement de Nancy.

2° Les sous-préfets, après avoir examiné les rapports des communes, les remettront, avec les notes particulières dont ils croiront devoir les accompagner, à la société d'agriculture établie dans leur arrondissement, avec invitation d'en faire l'examen et le sujet d'un mémoire, dans lequel elles relateront le voeu des Communes, et proposeront l'admission ou le rejet, ou les modifications dont elles les trouveront susceptibles, en motivant l'opinion sur laquelle elles se seraient fondées. Ce travail, suivi d'un aperçu général sur les demandes et les besoins de l'arrondissement, sera remis , pour le 1er avril suivant, à M. le sous-préfet, qui nous le fera passer ensuite avec son avis.

3° La société centrale d'agriculture du département de la Meurthe sera priée de faire, pour l'arrondissement de Nancy, un mémoire particulier relatif aux communes dudit arrondissement, et ce, dans les formes déterminées en l'article précédent.

4° Ce mémoire avec les observations que nous croirons devoir faire, sera envoyé de nouveau à la société centrale avec ceux des quatre sociétés particulières, pour sur le tout faire un rapport général et récapitulatif, à la suite duquel sera présenté un tableau des plantations existantes et des propositions sur les changemens à y opérer, et sur l'extension dont elles sont susceptibles.

5. Toutes propriétés pour lesquelles il y aura des propositions faites, seront distinguées et classées en propriétés domaniales, propriétés communales, et propriétés particulières; pour ces dernières, on désignera si les possesseurs, qu'on aura préalablement consultés, sont disposés à consentir aux plantations jugées nécessaires ou utiles.

6. Il sera fait une distinction de gradations de convenances qui motiveront le dessèchement, le défrichement ou la plantation des terrains destinés à rentrer utilement dans le domaine de la culture; les marais dont les émanations sont délétères, les cimes à nu qui, par la disparition des arbres qui les couvraient, cessent d'offrir un abri et d'écarter les orages. Les pentes rapides, qui, dans les averses, laissent échapper les terres et les pierres, pour devenir plus stériles encore et rendre telles les plaines qu'elles chargent de leurs débris, devront spécialement provoquer la sollicitude des recherches, et l'application des moyens propres à rétablir un ordre de choses plus prospère.

7. Le choix des diverses essences dont les semis ou la plantation seront recommandés, devra être déterminé par la qualité du sol, les besoins de la localité, et ceux de l'industrie. Le noyer, le merisier mériteraient une préférence marquée dans tous les terrains où leur culture prospérerait. La propagation du poirier et du pommier sauvage offrirait aussi de grands avantages; le bouleau, le sumac et particulièrement le mélèze croîtraient dans les terrains les moins profonds et les plus arides.

8. Il nous sera proposé de créer des pépinières dans les localités qui en offriront la facilité, si toutefois des établissemens de cette nature étaient réclamés par les besoins des cultures voisines.

Document publié le 01-01-2004

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