UFC Que Choisir de Nancy et environs

1874 - Les intémpéries

Nancy le 9 juillet 1874.
Messieurs,

J'ai l'honneur de vous donner ci-après le texte d'une circulaire de M. le Ministre de I'agriculture et du commerce contenant des recommandations et prescrivant les mesures à prendre pour les instructions des demandes de secours pour pertes de récoltes par l'effet de gelées et orages de l'année 1874.

Je vous prie, Messieurs, de vous conformer scrupuleusement aux dispositions qu'elle renferme.
Recevez Messieurs, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le Préfet
Mis. DE CHAMBON.

Versailles, le 3 Juillet 1874

Monsieur le Préfet, les gelées et les orages des mois de Mai et de Juin derniers ont causé de véritables désastres sur différents points du territoire; Il n'est pas encore possible de se rendre compte exactement de l'importance totale des dégâts, mais il est, dès à présent, certain qu'ils sont des plus considérables.

Dans ces circonstances calamiteuses, c'est un devoir pour l'administration de venir promptement en aide aux sinistrés, au moyen des ressources spéciales dont elle dispose. Toutefois, elle ne saurait, malgré tout son bon vouloir, Prendre une décision à cet égard tant que les pertes n'ont pas été régulièrement constatées, le chiffre précis de ces pertes devant servir de base pour la fixation du montant des secours.

Je viens en conséquence vous recommander instamment, Monsieur le Préfet, de hâter, Par tous les moyens possibles, l'instruction des demandes d'indemnités qui seront adressées, et de me faire parvenir ensuite vos propositions de secours.

D'un autre côté, les dommages occasionnés par les sinistres des deux derniers mois sont d'une gravité dont il faut tenir compte, il importe, plus que jamais, dans l'intérêt même des victimes de ces désastres, que vous veilliez avec un soin scrupuleux à ce que, conformément aux règlements existants en cette matière, les personnes nécessiteuses et non assurées soient seules portées sur vos états de propositions. Lorsqu'il s'agit d'un crédit limité comme celui dont je dispose, et qui peut, dans certaines circonstances, devenir insuffisant, on préjudicierait aux véritables ayants-droit, si l’on en distrayait une portion quelconque au profit de personnes qui, toutes dignes d’intérêts qu'elles puissent être d'ailleurs, ne se trouveraient pas dans les conditions voulues pour prendre part à la distribution des indemnités.

Je vous prie, Monsieur le Préfet, de vouloir bien donner à MM. Les sous-Préfets et Maires de votre département des instructions dans le sens de la présente.
Recevez Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le ministre de l'agriculture et du commerce,
GRIVART.

Document publié le 01-01-2004

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