UFC Que Choisir de Nancy et environs

1853 - Le danger des mongolfières

Nancy, le 11 octobre 1853.
MESSIEURS,

Depuis quelque temps les journaux des départements mentionnent fréquemment des incendies occasionnés par les montgolfières. Je crois devoir appeler votre attention sur les dangers de ces sortes d'aérostats , et vous inviter à prohiber, d'une manière absolue, l'usage des montgolfières à réchaud suspendu au-dessous de l'orifice du ballon.

Quant aux ascensions en ballons à gaz comprimé, autant il importe de ne point mettre obstacle aux expériences qui peuvent avoir pour résultat d'étendre le domaine légitime de la science, autant il est du devoir de l'administration de soumettre les ascensions aérostatiques à des mesures de précaution et de prudence, afin de concilier la sécurité des personnes et les intérêts sérieux de la science.

Ainsi, Messieurs, vous ne tolérerez aucune ascension aérostatique dont feraient partie des femmes ou des mineurs, à moins que les individus de cette catégorie n'exercent la profession d'aéronaute et n'accompagnent leur père ou leur mari.
Vous interdirez toute ascension où figureraient des animaux d'un poids considérable.
Vous prohiberez, en un mot, tout ce qui, sans nécessité, pourrait mettre en péril la vie des individus qui se livrent aux expériences aérostatiques.

Je sais, Messieurs, qu'il faut faire une part raisonnable aux besoins de la science , et que l'art des aéronautes , comme toutes les découvertes dont l'humanité se glorifie, ne peut se développer et se perfectionner qu'au prix de certains périls que les hommes dévoués affrontent ou savent surmonter. Il ne s'agit donc pas de prohiber les nouveautés de ce genre qui peuvent amener un progrès sérieux ou faciliter la solution de certains problèmes. Le devoir de l'administration consiste seulement à soumettre ces expériences à des conditions de sécurité et d'ordre, propres à mettre obstacle aux tentatives et aux fantaisies déraisonnables et inutiles, qui pourraient donner lieu à de fâcheux événements.

C'est dans ce sens que je vous prie d'interpréter ces instructions.

Recevez, messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Pour M. le Préfet, en congé, le Conseiller de Préfecture, Secrétaire général, délégué,
MAMELLE.

Document publié le 01-01-2004

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