UFC Que Choisir de Nancy et environs

1858 - La protection des oiseaux

Nancy, le 5 mai 1858.
LE PRÉFET DU DÉPARTEMENT DE LA MEURTHE, Officier de l'Ordre Impérial de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand,
A MM. les Maires et les Commissaires de police.
MESSIEURS,

Je suis informé que, dans les campagnes surtout, les enfants et les jeunes gens se livrent à la recherche des nids d'oiseaux pour les détruire sans aucun profit pour personne et au grand détriment de l'agriculture. Vous savez que la loi sur la chasse et les arrêtés pris en exécution de cette loi, se sont vivement préoccupés de la conservation des oiseaux, que les cultivateurs expérimentés regardent avec raison comme contribuant, non-seulement à l'agrément, mais encore et surtout à la fécondité des jardins et des campagnes, en ce qu'ils détruisent les insectes nuisibles aux fruits et aux autres produits.

Il importe donc de mettre immédiatement un terme à l'abus dangereux qui m'est signalé; à cet effet, je vous invite à faire publier à son de caisse et afficher dans chaque commune, dès que cette circulaire vous sera parvenue, les dispositions de l'article 6 de l'arrêté réglementaire du 10 septembre 1844 (page 158 du Recueil de ladite année), article dont voici le texte :

« Il est formellement défendu de prendre et détruire aucun nid d'oiseaux, soit dans les forêts, soit sur terre, soit dans les haies, buissons, jardins et vergers, ainsi que sur les bords des marais, étangs, rivières, etc ».

Vous aurez soin que ces dispositions ne restent ignorées d'aucun de vos administrés; vous rappellerez aux parents qu'ils sont responsables devant la loi des contraventions commises par leurs enfants mineurs, et vous recommanderez aux gardes forestiers, gardes champêtres et autres agents chargés de la police rurale, de surveiller avec attention l'exécution de l'article qui précède et de dresser des procès-verbaux contre toutes personnes qui y contreviendraient, pour qu'elles soient poursuivies devant les tribunaux, qui leur appliqueront les peines édictées par la loi.

Je compte, Messieurs, sur toute votre vigilance pour mettre promptement un terme à un abus dont l'agriculture réclame depuis longtemps la répression.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet,
Albert LENGLÉ.

Document publié le 01-01-2004

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