UFC Que Choisir de Nancy et environs

1888 - Les tromperies alimentaires

Paris, le 9 novembre 1888.
Monsieur le Préfet,

L'attention du Gouvernement a êté appelée sur l'emploi de la saccharine dans l'alimentation publique.
Ce corps, qui a été découvert en 1879, n'a chimiquement aucun lieu de parenté avec les sucres proprement dits et il possède, c'est là sa propriété essentielle, un pouvoir sucrant fort intense évalué à 280 ou 300 fois celui du sucre de canne et de betteraves.

Les expériences auxquelles il a été procédé ont permis de constater que la saccharine n'est pas un aliment et qu'elle possède des propriétés antiseptiques : elle a pour effet de suspendre ou de retarder les actions physiologiques qui produisent la transformation du sucre en substances amylacées et de troubler profondément les fonctions digestives; dans ces conditions, le Comité consultatif d'hygiène publique a émis l'avis que l'emploi dans l'alimentation de la saccharine ou des préparations saccharinées ne saurait être autorisé.

Conformément aux conclusions du Comité, qui ont été insérées au Journal officiel du 22 août, et sur ma demande, M. le Garde des sceaux, ministre de la justice, a donné des instructions à MM. les Procureurs généraux pour qu'ils fassent poursuivre, par application des lois des 27 mars 1851 et 5 mai 1855, l'emploi de la saccharine dans les boissons et substances alimentaires.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le Ministre du commerce et de l'industrie, pour le Ministre et par autorisation,
Le Conseiller d'État, Directeur, C. NICOLAS.

Document publié le 01-01-2004

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