UFC Que Choisir de Nancy et environs

1863 - Les ennuis des artistes

Nancy, le 2 avril 1863.
MESSIEURS,

Plusieurs réclamations ont été adressées à M. le Ministre de l'intérieur, contre une interprétation excessive donnée à ses prescriptions relatives aux saltimbanques, chanteurs ambulants, etc., qui ont fait l'objet de ma circulaire du 25 février dernier insérée au No 7 du Recueil de cette année.

Au lieu d'appliquer cette circulaire aux individus qui chantent sur la voie publique, aux joueurs d'orgue, aux individus qui chantent dans les cafés et réclament ensuite des assistants une rétribution, espèce d'aumône déguisée, on impose l’obligation de se munir d'une permission en forme de livret aux musiciens et aux artistes lyriques d'un autre ordre qui jouent et chantent exclusivement sur les théâtres, dans les salles de concert, ou même dans les cafés-concerts, qui sont assimilés aux salles de spectacle.

On irait même jusqu'à imposer la même formalité à des artistes qui s'arrêtent dans les villes de province pour y donner des concerts.

Il ne saurait y avoir lieu d'attribuer un pareil sens à des instructions uniquement destinées à soumettre à des garanties le métier de saltimbanque et l'exercice de certaines professions nomades qui se rapprochent beaucoup de la mendicité, et qu'il faut surveiller de très-près.

Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien tenir compte de ces observations, afin d'empêcher que des mesures d'ordre et de précaution, applicables à des professions présentant peu de garanties, ne dégénèrent en prescriptions vexatoires qu'on ferait peser sur des artistes sérieux, dont les intérêts ont droit à une juste sollicitude.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Pour le Préfet en révision, le Secrétaire général délégué,
Be DE BARRAL.

Document publié le 01-01-2004

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