UFC Que Choisir de Nancy et environs

1853 - La liberté de la presse

Nancy, le 19 août 1853.
MESSIEURS,

Je suis informé qu’il a été saisi entre les mains d’un certain nombre de colporteurs, des écrits séditieux et des gravures obscènes. Ces individus ont été immédiatement arrêtés et déférés aux tribunaux.

A cette occasion, Messieurs, je crois devoir appeler de nouveau votre attention sur la police du colportage.
Il ne faut pas que les garanties dont l'administration s'entoure, avant de délivrer des permissions pour colporter les livres estampillés, aient pour effet de ralentir la vigilance des autorités locales et le zèle de MM. les commissaires de police et de la gendarmerie.

Toutes les précautions, telles que : signalements, constatation de moralité, estampillage des imprimés, ne tarderaient pas devenir illusoires, si vous n'apportiez pas le plus grand soin dans la tâche qui vous est imposée.

Ainsi, la gendarmerie et les agents de la police ne doivent pas considérer l'exhibition du permis de colportage comme la seule mesure de surveillance qu'ils aient à exercer. L'administration supérieure peut quelquefois être trompée sur les antécédents des colporteurs ; d'un autre côté, tel individu jusque là scrupuleux observateur des prescriptions de la loi peut, à un moment donné, ne pas résister à l'appât du gain que lui offrirait la vente d'écrits ou de gravures prohibés.

En conséquence, MM. les commissaires de police et la gendarmerie devront désormais exercer la plus rigoureuse surveillance sur les colporteurs. Ils ne devront pas se contenter de l'exhibition d'un permis en règle ; ils devront encore visiter les balles, boîtes, voitures des colporteurs, et s'assurer ainsi que toutes les publications qu'ils débitent, sont dûment revêtues de l'estampille.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet.
A. DE SIVRY.

Document publié le 01-01-2004

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