UFC Que Choisir de Nancy et environs

1856 - Les hommages publics

Nancy, le 13 février 1856.
LE PRÉFET DU DÉPARTEMENT DE LA MEURTHE, Officier de l'Ordre Impérial de la Légion d'Honneur,
A MM. les Maires du département.
MESSIEURS,

S. E. le Ministre de l'intérieur est fréquemment sollicité de soumettre à l'approbation de Sa Majesté, suivant les prescriptions de l'ordonnance du 10 juillet 1816, des témoignages de reconnaissance publique offerts par des Conseils municipaux ou par d'autres corps administratifs, à des fonctionnaires de divers ordres.

Il importe de poser des limites à cette tendance de plus en plus marquée et de conserver à des manifestations honorables dans leur principe, le caractère élevé et nécessairement exceptionnel qui peut seul les rendre dignes d'être consacrées par l'autorité souveraine.

Le Gouvernement est le premier juge des services rendus ; c'est donc à lui qu'appartient l'initiative des récompenses, et l'abandon de celte prérogative pourrait entraîner de graves abus.

D'un autre côté, les hommages dont on sollicite l'approbation en faveur de personnes vivantes ou de fonctionnaires en exercice, peuvent être inspirés par des motifs que la reconnaissance des populations n'a pas seule dictés, et déjà, sous ce rapport, il conviendrait de ne les accueillir qu'avec une extrême réserve; mais on doit considérer en outre que les titres sur lesquels ils reposent ne peuvent être appréciés avec une maturité suffisante, qu'autant que l'épreuve du temps les a classés dans l'opinion publique.

D'après ces motifs, et après avoir pris les ordres de Sa Majesté, S. E. le Ministre de l'Intérieur a décidé qu'il ne serait à l'avenir donné aucune suite aux demandes tendant à faire approuver des témoignages de reconnaissance publique décernés à des personnes vivantes, et, plus spécialement, à des fonctionnaires en exercice.

Je vous prie, Messieurs, de vous conformer à cette décision et d'en donner connaissance aux Conseils municipaux de vos communes. Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet,
Albert LENGLÉ.

Document publié le 01-01-2004

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