UFC Que Choisir de Nancy et environs

1888 - Le danger du plomb

Circulaire à MM. les Maires.
Nancy, le 21 décembre 1888.
Messieurs,

L'attention de l'Administration a été appelée sur l'emploi, de plus en plus répandu dans le commerce, de feuilles de plomb doublées d'étain pour envelopper certains produits alimentaires.

La substitution de ces feuilles aux feuilles d'étain pur précédemment employées dans le commerce pour envelopper le chocolat, le saucisson, certains fromages et d'autres produits alimentaires, outre qu'elle présente des dangers sérieux au point de vue de la santé publique, constitue aussi un préjudice pour l'industrie nationale qui fabriquait les feuilles d'étain et les écoulait dans le pays et même à l'étranger.

Le Comité consultatif d'hygiène publique de France, saisi de la question de l'emploi des feuilles d'étain plombifère au point de vue de la salubrité publique, a constaté, d'après les résultats des analyses effectuées par l'un de ses membres :
1° Que suivant la nature de la substance enveloppée, la feuille est plus ou moins attaquée et que la quantité de plomb ayant pénétré dans la substance alimentaire est plus ou moins considérable ;

2° Que, quelle que soit la nature de cette substance alimentaire, l'analyse révèle toujours une certaine dose de plomb provenant, soit de l'enveloppe, altérée, soit de cette enveloppe restée adhérente à la substance.
Dans ces conditions, le Comité, considérant que l'emploi des feuilles d'étain plombifère pour envelopper des substances alimentaires est toujours dangereux, a émis l'avis :
1° Qu'il y a lieu d'interdire l'emploi de ces feuilles pour envelopper les confiseries, les chocolats, les saucissons, les fromages, et, d'une manière générale, toutes les substances alimentaires ;
2° Que les feuilles destinées à cet usage doivent être constituées par de l'étain fin, c'est-à-dire par un alliage contenant au moins 97 p. 100 d'étain.

Conformément à cet avis, M. le Préfet de police a pris, le 13 novembre dernier, une ordonnance pour l'interdiction des feuilles dont il s'agit dans le ressort de son administration.

Je ne saurais trop, Messieurs, appeler votre attention sur l'utilité de cette mesure et vous inviter à prendre, le cas échéant, un arrêté analogue à l'ordonnance précitée, en vertu des pouvoirs qui vous sont conférés par les articles 91 et 97 de la loi municipale du 5 avril 1884.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet, Léon STEHELIN.

Document publié le 01-01-2004

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