UFC Que Choisir de Nancy et environs

1886 - La rage

Nancy, le 20 janvier 1886.
Messieurs,

L'Académie de médecine signale à l'attention des pouvoirs publics la recrudescence générale des accidents occasionnés par la rage canine dont les développements deviennent inquiétants pour la sécurité publique ; elle attribue uniquement la progression de ces accidents à l'inexécution des dispositions de la loi du 21 juillet 1881 et du décret du 22 juin 1882 qui donnent à l'autorité tous les moyens d'arrêter les progrès du mal.

D'un autre côté, M. le Ministre de l'Agriculture, qui partage entièrement l'avis de l'Académie, a pu constater que la vigilance des autorités s'était partout relâchée et que les prescriptions de la loi tendaient encore à passer à l'état de lettre morte.

Non seulement la déclaration n'est pas faite, mais des mesures insuffisantes sont prises pour assurer l'abatage immédiat de tous les chiens qui ont été mordus ou roulés par un chien enragé. De plus, le nombre des chiens errants, qui sont les véritables propagateurs de la rage, s'est multiplié dans d'énormes proportions et, sauf dans les communes où, à la suite d'accidents tout récents, les Maires ont interdit la circulation des chiens non tenus en laisse, on voit ces animaux divaguer en toute liberté, sans être même porteurs du collier réglementaire.

Il importe de faire cesser immédiatement ces abus et, dans ce but, je vous prie de faire afficher dans vos communes les placards que je vous adresse et qui contiennent le texte des articles 3 et 10 de la loi du 21 juillet et 51 et 52 du décret du 22 juin 1882.
J'appelle particulièrement votre attention, Messieurs, sur la nécessité de la déclaration non seulement des cas de rage manifestes, mais même des cas de simple suspicion, car ce n'est que par cette déclaration que l'autorité peut être mise à même de prendre en temps utile les mesures de précaution nécessaires, et vous ne devrez pas négliger de dresser procès-verbal contre tous ceux qui ne se soumettraient pas à cette obligation. Vous devrez aussi faire procéder à une enquête chaque fois qu'un cas de rage aura été constaté dans vos communes, à l'effet de rechercher et de faire immédiatement abattre tous les chiens mordus ou simplement roulés ; en semblable circonstance, vous n'avez à tenir compte d'aucune opposition ni d'aucune résistance.

Enfin, je vous recommande de faire exercer une surveillance constante dans vos localités, afin d'assurer la saisie de tout chien errant ou de tout chien non muni du collier réglementaire, de donner les ordres nécessaires pour que ces animaux soient toujours sacrifiés dans les délais fixés par le réglement d'administration publique du 22 juin 1882.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le Préfet, E. SCHNERB.

Document publié le 01-01-2004

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