UFC Que Choisir de Nancy et environs

1889 - Le reverdissage des conserves

Nancy, le 23 avril 1883.
Messieurs,

Un arrêté de l'un de nos prédécesseurs en date du 5 janvier 1861, rappelé au Recueil des Actes administratifs de l'année 1881, page 168, interdit aux fabricants et commerçants d'employer des vases et des sels de cuivre dans la préparation des conserves de fruits et de légumes destinés à l'alimentation

Cette interdiction était motivée, sur l'avis renouvelé du Comité consultatif d'hygiène publique de France, par les dangers d'intoxication que pouvait présenter l'introduction, dans l'économie humaine, du sulfate de cuivre à doses plus ou moins appréciables et plus ou moins prolongées.

L'action susceptible d'être exercée, en pareil cas, par les sels de cuivre sur la santé n'avait pas été étudiée alors comme elle l'a été depuis. Les avis scientifiques étaient partagés, et, en l'état de suspicion où devait être encore tenu le cuivre, le rôle du Comité consultatif d'hygiène et de l'administration sanitaire était évidemment de garantir le consommateur contre les funestes effets de son emploi.

Dans ces dernières années, au contraire, des études nouvelles, des expériences approfondies, qui n'avaient pas jusque-là été menées à bonne fin ont permis de fixer certains points restés douteux.

Le Comité consultatif d'hygiène publique de France a été saisi à nouveau de la question : il a reproduit de son côté les expériences instituées en dehors de lui, soit sur la dose de cuivre que peut ingérer sans danger le corps humain, soit sur la proportion qu'en renferment les diverses conserves alimentaires reverdies. De ces expériences, le Comité a conclu que l'état des connaissances acquises permettait aujourd'hui de revenir sur les réserves formulées dans ses précédents avis et par suite de ne plus s'opposer au reverdissage des conserves au moyen des sels de cuivre.

Dans ces conditions, et sur l'invitation de M. le Ministre de l'intérieur, j'ai, par un arrêté de ce jour dont vous trouverez ci-après le texte, rapporté l'arrêté précité du 5 janvier 1861.
Je vous prie de vouloir bien donner à ce document toute la publicité dont vous pouvez disposer.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Préfet, Léon STÉHELIN.


ARRÊTÉ.
Le Préfet du département de Meurthe-et-Moselle, officier de la Légion d'honneur,
Vu l'arrêté en date du 5 janvier 1861 par lequel l'un de nos prédécesseurs a interdit aux fabricants et commerçants du département d'employer des vases et des sels de cuivre dans la préparation des conserves de fruits et de légumes destinés à l'alimentation;
Vu les instructions de M. le Ministre de l'intérieur en date du 18 avril 1889 ;
Vu la loi des 16-21 août 1790 et celle du 22 juillet 1791 ;
Vu la loi du 5 avril 1884;
Considérant que l'expérience paraît avoir démontré l'innocuité des sels de cuivre dans la préparation des conserves alimentaires;

ARRÊTE:
Art. 1er. - L'arrêté susvisé du 5 janvier 1861 est et demeure rapporté.
Art. 2. - Le présent arrêté sera inséré au Recueil des actes administratifs, publié à son de caisse et affiché, par les soins des maires, dans toutes les communes du département.
Nancy, le 23 avril 1889.
Le Préfet, Léon STÉHELIN.

Document publié le 01-01-2004

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