UFC Que Choisir de Nancy et environs

1816 - Le contrôle des vagabonds

Nancy, le 15 novembre 1816.

Messieurs, à l'approche de la saison rigoureuse où nous entrons, vous avez dû sentir facilement la nécessité d'exercer dans les campagnes une surveillance constante et active, afin d'empêcher le vagabondage, et arrêter les malfaiteurs qui tenteraient de profiter des longues nuits d'hiver pour commettre leurs brigandages.

La gendarmerie ne pouvant, malgré son zèle, se trouver par-tout, je compte sur votre vigilance, ainsi que sur le dévouement des gardes de sûreté, pour veiller au maintien de l'ordre et de la tranquillité publique, et pour tirer, dans ces circonstances, de cette force armée, qui est toujours sous votre nain, tout le parti désirable.

Je demande que, tous les jours, une partie en soit employée à parcourir les chemins qui aboutissent à vos communes, de manière que tout individu inconnu, qui voudrait s'en approcher sans être muni d'un passe-port ou de papiers valables, soit arrêté comme vagabond, et conduit à l'instant pardevant le sous-préfet de l'arrondissement. Mais comme il y aurait de l'inconvénient, en déplaçant les gardes de sûreté, à trop prolonger leur absence, il est à propos qu'un individu arrêté dans une commune soit conduit, par la garde qui en aura fait l'arrestation, au maire de la commune la plus voisine, qui le remettra entre les mains de sa propre garde, pour être ainsi transféré, de commune en commune, jusqu'au chef-lieu de la sous-préfecture, où le sous-préfet prendra alors, à son égard, les mesures que de droit.

Il n'est pas moins important que, le soir après la retraite, et le matin au point du jour, des patrouilles aient lieu dans les communes et sur leur territoire, et je dois espérer que, jaloux de répondre à la confiance de l'administration, les gardes de sûreté ne se refuseront pas à ce service important, qui assurera leur tranquillité, celle de leur famille, et qui ôtera enfin aux gens mal intentionnés, les moyens d'exécuter leurs funestes projets.

Au reçu de la présente, le maire de chaque commune convoquera chez lui les membres de la garde de sûreté; il leur en donnera lecture, et il s'entendra avec le commandant de cette garde, pour organiser et assurer le service qui lui est demandé.
Vous voudrez bien, Messieurs, donner à votre sous-préfet l'assurance que vous avez pris les mesures nécessaires pour remplir les intentions que je viens de vous manifester.

Je vous renouvelle, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.
Le préfet de la Meurthe,
Signé SÉGUIER.

Document publié le 01-01-2004

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