UFC Que Choisir de Nancy et environs

1816 - Les chiens errants

Nancy, le 16 avril 1816.

Messieurs, on se plaint généralement de l'abus que commettent une foule de personnes, en se faisant suivre dans les campagnes, de chiens de chasse ou de luxe, et même de lévriers, sans prendre aucunes des précautions qui seraient nécessaires, pour empêcher ces animaux de divaguer et de poursuivre le gibier.

Le dégât qui en résulte est incalculable, surtout dans le moment où la moindre chose suffit pour troubler la reproduction et la gestation; sans compter le tort que des chiens, vivement lancés, peuvent faire en parcourant dans tous les sens des champs non récoltés.

Il semblerait que l'intérêt commun et l'intérêt privé bien entendu, confondant ici leurs avantages réciproques, dûssent ne laisser rien à faire à la police, pour empêcher les plaintes de l'espèce. Cependant il n'en est pas ainsi, et les réclamations sont assez vives, pour que je me croie obligé de prendre une mesure qui supplée au silence de la loi dans l'objet.

Je vous autorise, en conséquence, Messieurs, à faire publier dans vos communes, la défense de laisser sortir désormais les chiens de chasse et lévriers, même avec leur maître, sans que ces animaux n'ayent un billot passé au cou ou entre les jambes.
Vous pourrez aussi ordonner que ces chiens soient attachés deux à deux, et adopter, au surplus, telles autres mesures de conservation qui vous paraîtront le mieux adaptées au but que nous devons avoir en vue.

Les maîtres seront, en outre, rendus responsables des dommages que leurs chiens causeraient en divaguant ou étant à leur suite, soit aux personnes, aux animaux ou aux choses.

Enfin, tout chien surpris à divaguer dans les campagnes, ou sortant sans le billot ci-dessus indiqué, hors du temps que vous aurez limité, aura les jarrets coupés, sans préjudice de l'amende à laquelle le maître pourra être condamné, en vertu du règlement local.
Je recommande avec instance, Messieurs, cet objet à votre sollicitude particulière.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.
Le contre-amiral, préfet de la Meurthe :
Signé, le comte DE KERSAINT.

Document publié le 01-01-2004

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