UFC Que Choisir de Nancy et environs

1816 - La fréquentation des églises

Nancy, le 16 avril 1816.

Messieurs, j'ai lieu de croire que les dispositions de la loi du 18 novembre 1814, concernant la célébration des fêtes et, dimanches, ne sont point observées par-tout avec cette religieuse ponctualité que leur objet seul devrait commander, indépendamment du prix infini que lui donnent les intentions et l'exemple du meilleur des rois.

Sans doute qu'en parlant des contraventions, malheureusement encore trop nombreuses, dont on se plaint à cet égard, il serait juste de faire la part de l'esprit d'insubordination et d'indépendance que les révolutions entraînent à leur suite, ainsi que d'y reconnaître les effets de ce relâchement de moeurs et de principes, qui laisse après lui de si profondes traces, même lorsque la cause en a cessé depuis long-temps.

Mais je ne suis pas moins persuadé que la négligence des autorités locales contribue puissamment à perpétuer le désordre, et à ralentir l'impulsion donnée à l'esprit public vers des idées plus saines.
Je vous engage, en conséquence, Messieurs, à vous bien pénétrer de la nécessité d'empêcher que la loi dont il s'agit soit éludée sous aucun prétexte, et qu'elle souffre des calculs de l'intérêt privé ou de tout autre motif. La loi existe et ne fait que consacrer un usage, à la fois civil et religieux, répandu parmi tous les peuples.

Cette loi a déterminé, avec autant de précision que d'équité, ou même d'indulgence, les devoirs qu'elle impose, les exceptions qu'elle tolère. Quels obstacles pourrait donc rencontrer désormais son exécution, si les autorités locales y procèdent avec cette fermeté qui finit toujours par l'emporter, lorsque l'amour du bien et l'impartialité lui servent de guides ?

Recevez, Messieurs, l'assurance de mon affectueuse considération.
Le contre -amiral, préfet de la Meurthe Signé, le comte DE KERSAINT.

Document publié le 01-01-2004

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