UFC Que Choisir de Nancy et environs

1823 - Le contrôle des voyageurs

Nancy, le 8 mars 1823.

Messieurs, S. Exe. le ministre de l'intérieur, par sa circulaire du 2 de ce mois, appelle de nouveau mon attention sur les voyageurs qui, sous prétexte d'intérêts commerciaux, parcourent la France et semblent n'avoir pour objet que de semer, sur leur passage, des germes de sédition.

Les manoeuvres coupables des mêmes individus que je vous signalais par ma circulaire du 11 février 1822 (page 41 du Recueil), paraissent recommencer aujourd'hui avec plus d'activité; les nouvelles alarmantes, les déclamations contre le gouvernement, rien n'est épargné pour troubler le repos et la tranquillité publiques et, les propos répétés dans les auberges, les cafés et les autres lieux publics , se propageraient bientôt et répandraient partout de l'agitation et des inquiétudes.

Dans de pareilles circonstances, il importe essentiellement de tenir la main à ce que les lois sur les passeports soient exécutées dans toute leur rigueur. Je vous recommande donc de vous conformer strictement à mes instructions précédentes, et notamment à ma circulaire du 11 février 1832. Surveillez sur-tout les voitures publiques , assurez-vous que tous les voyageurs qui y sont admis, sont pourvus de passeports en règle ; prenez note de leur nom et de leur direction, et veillez à ce que les aubergistes et logeurs se conforment, à leur égard, aux obligations qui leur sont prescrites. (Voir la circulaire au Recueil de 1817) page 370.)

Si vous veniez à être informés qu'un voyageur s'est permis de répandre des nouvelles alarmantes ou de tenir de coupables discours , remontez de suite à la source , prenez les informations nécessaires sur les nom et prénoms, lieux de naissance, de domicile ou de destination de ce voyageur ; faites-le arrêter sur-le-champ, si cela vous est possible , et déférez-le à M. le procureur du Roi. Dans tous les cas, que le voyageur qui s'est rendu coupable ait pu être arrêté ou non, dressez un procès-verbal de tout ce que vous aurez pu recueillir, et transmettez également, sans aucun retard, ce procès-verbal à M. le procureur du Roi; je vous prie aussi de m'en envoyer, de suite, une copie, afin que je puisse, de mon coté, prendre les mesures que les circonstances rendraient nécessaires.

Le département de la Meurthe s'est toujours distingué par sa tranquillité et sa soumission aux lois. Je me félicite de n'avoir, à cet égard , que les plus honorables témoignages à rendre aux ministres de Sa Majesté ; mais plus nous savons apprécier le bon esprit et la sagesse de nos administrés , plus nous devons, Messieurs, être vigilans et sévères envers ceux qui chercheraient à les tromper et à les égarer, plus nous devons repousser avec énergie une influence étrangère et coupable.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.
Le maître des requêtes, préfet de la Meurthe,
Le vicomte DE VILLENEUVE.

Document publié le 01-01-2004

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