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1828 - La visite de CHARLES X

Le Conseiller d'Etat, Préfet du département de la Meurthe , Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Lotus, Officier de l'Ordre royal de la Légion-d'Honneur,

Aux habitans du département de la Meurthe.

HABITANS DU DEPARTEMENT DE LA MEURTHE,

LE Roi va bientôt paraître au milieu de nous! A de bons Francais, il suffit d'indiquer la marche d'un Souverain petit-fils de henry IV et de Stanislas , pour qu'ils se pressent partout sur le passage de l'auguste héritier de leurs trônes et de l'amour que ces bons Rois portèrent à leurs peuples.

SA MAJESTÉ CHARLES X, accompagné de MONSIEUR le DAUPHIN, traversera, une première fois, notre territoire, le 6 du mois de septembre, en se rendant de Metz a Strasbourg. Le Roi sera complimenté par le Préfet au point de Delme; MM. les Sous-Préfets et les Maires de Delme et des communes plus éloignées de la route, qui s'y seront rendus revêtus de leurs écharpes, seront présentés à SA MAJESTE. Les habitans, rassemblés sur le même point, pourront dès ces premiers instans, s'abandonner aux élans d'amour qu'inspirera la vue d'un monarque adoré.
C'est aussi par le cri, si cher aux Français, de vive le Roi ! que SA MAJESTÉ, dont rien ne doit retarder la marche, sera, dans cette première journée du 6 de septembre, saluée dans les autres villes et communes placées sur la route de Metz à Strasbourg. Les principales sont, avec Delme, Château-Salins, Moyenvic, Lezay, Bourdonnay, Mézières, Azoudange, héming, Sarrebourg, Petit-Eich, Hommarting, Saint-Jean, Phalsbourg et Danne.

Tandis que notre Souverain visitera les départemens du Bas-Rhin et du Haut-Rhin , MADAME la DAUPHINE viendra d'Épinal à Nancy, le 11 de septembre, en traversant, dans le département de la Meurthe , les communes de Gripport , Bainville-aux-Miroirs, Mangonville, Roville, Neuvillers-sur-Moselle, Crévéchamps, Flavigny et Richardménil. Son Altesse Royale doit descendre , entre midi et une heure, à l'Hôtel de la Préfecture , où elle veut que les Autorités et les Fonctionnaires publics l'attendent.

Après avoir visité les établissemens de l'ancienne capitale de ses ancêtres maternels les Ducs de Lorraine, et de Stanislas-le-Bienfaisant , aussi son aïeul , MADAME la DAUPHINE ira, le 12 de septembre, rejoindre le Roi à Lunéville, d'où Son Altesse Royale partira le 14 pour Strasbourg, en passant par Croismare, Thiébaut-Ménil, Bénaménil , Herbévillers , Domèvre , Blâmont , Richeval , Saint-Georges, Héming , Sarrebourg et Phalsbourg.

C'est le 12 de septembre même, que le Roi , qui partira le matin de Colmar, rentrera dans le département de la Meurthe, par la route de Saint-Dié. SA MAJESTÉ sera, ce jour-là, complimentée de nouveau à Bertrichamps , par le Préfet accompagné de M. le Sous-Préfet de Lunéville, et de ceux de MM. les Maires qui se seront rendus au même point, tous revêtus de leurs écharpes.

Le Roi paraît devoir arriver entre une heure et quatre heures au camp de Lunéville, en traversant d'abord la ville de Baccarat, et ensuite les communes de Azerailles, Saint-Clément et Moncel.

SA MAJESTE séjournera à Lunéville avec ses braves et fidèles troupes , pendant le reste de la journée du I2 et pendant toutes celles des 13 et 14 de septembre. Le 15 , vers onze heures, le Roi doit quitter Lunéville pour venir à Nancy, par Dombasle, Varangéville , Saint-Nicolas, Laneuveville et Jarville. Ce jour-là MONSIEUR le DAUPHIN doit se séparer de son auguste Père à Nancy, pour aller dîner et coucher à Toul , en traversant les communes de Velaine-en-Haye , Gondreville et Dommartin. MONSIEUR le DAUPHIN quittera Toul le 16 au matin , pour se rendre à Paris.

SA MAJESTE elle-même doit aller par Velaine-en-Haye, Gondreville et Dommartin, dîner et coucher à Toul, dans l'après-midi du 16 de septembre. Elle sera, sur cette route, reçue par M. le Sous-Préfet, à Gondreville, et saluée par MM. les Maires et habitans, des mêmes acclamations qui l'auront accueillie, d'abord le 6 de septembre, puis , à sa rentrée dans notre département, le 12, et pendant tout son séjour, qui doit durer jusqu'au 17. Ce dernier jour, SA MAJESTE emportera nos regrets avec les dernières expressions de notre amour , en partant de Toul le matin pour se diriger , par Choloy et Menillot vers Vaucouleurs , dans le département de la Meuse , et ensuite vers Troyes.

Les villes du département, où le Roi doit séjourner, se sont hâtées de faire les préparatifs nécessaires pour recevoir notre Souverain d'une manière digne, à la fois, de la majesté royale et de la céleste bonté de CHARLES X. L'administration préfectorale n'a eu, à cet égard, que le bonheur d'applaudir. Partout ailleurs, simples arcs de verdure, autour desquels retentiront les cris vive le Roi ! seront les monumens les plus doux pour le cœur de notre Monarque et pour celui de ses augustes enfans. Partout aussi les cloches sonneront à l'arrivée de SA MAJESTÉ, et MM. les curés et Desservans devront , d'après les instructions qui leur ont été transmises par leurs supérieurs ecclésiastiques , être en habits sacerdotaux, si l'église se trouve sur le passage du Roi.

MM. les Sous-Préfets et Maires interdiront absolument les coups d'armes à feu et les boites , dont l'éclat pourrait effrayer les chevaux.

La gendarmerie royale est, de son côté, invitée à veiller et à concourir à l'exécution de cet ordre , ainsi qu'aux autres mesures qui sont recommandées à l'autorité administrative. Quant aux coups de canon qui doivent être tirés dans les places de guerre, M. le Lieutenant-Général commandant la 3° division a donné les instructions nécessaires aux commandans de ces places.

Habitans du département de la Meurthe ! je viens de recueillir de la bouche de notre auguste Souverain, dans son palais de Saint-Cloud, et quelques jours seulement avant que vous les entendiez vous-mêmes, les expressions de son amour pour ses peuples , et en particulier pour ceux de ses sujets, dont SA MAJESTÉ va parcourir le territoire. Elle a daigné me dire qu'elle serait heureuse de se retrouver au milieu des habitans de la Lorraine, dont elle avait reconnu le dévoûment et la fidélité au commencement et à la fin de l'année 1814. Vous redirez au Roi combien ces sentimens sont vrais, en faisant retentir, sur son passage, les cris de :

VIVE LE ROI , LONG-TEMPS !
VIVENT LES BOURBONS, TOUJOURS !

Fait en l'hôtel de la Préfecture, à Nancy, le 29 août 1828.

Cte. L. D'ALLONVILLE.

Document publié le 01-01-2004

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