UFC Que Choisir de Nancy et environs

1829 - Les difficultés des vignerons

Nancy, le 8 août 1829.

MESSIEURS,

Des plaintes très-nombreuses ont été adressées par les propriétaires de vignes, au gouvernement du roi qui les a examinées avec un très-vif intérêt et avec le désir de trouver des moyens d'accorder à cette classe de producteurs la sorte de soulagement qui peut résulter des efforts de sa sollicitude.

D'un côté, ainsi que le fait observer Son Exc. le Ministre des finances, dans une lettre du 5 d'août courant, l'état de gène et de souffrance des pays vignobles, où le défaut de vente est attribué à l'excès de l'impôt; de l'autre, on en accuse l'extrême abondance et le peu de qualité de plusieurs récoltes successives. Il est notoire aussi que la culture de la vigne s'est considérablement étendue depuis quelques années , et que dans les nouvelles plantations, le cultivateur a été souvent déterminé par le désir d'obtenir des produits abondans , plutôt que des produits d'une qualité supérieure , soit en changeant la variété du plant , soit en portant sa culture dans des terrains plus fertiles.

Le premier soin du gouvernement, dans cet état de choses, a dû être de s'éclairer sur les faits, de se procurer une situation générale à diverses époques, de l'état des terres cultivées en vignes et de leur produit.

C'est dans ce but, Messieurs, que Son Exc. le Ministre des finances vient de m'adresser une série de questions auxquelles je dois répondre au plus tard pour le 10 de septembre prochain, en me concertant d'ailleurs avec MM. les Directeurs des contributions directes et indirectes, qui ont des notions certaines sur celles de ces questions qui se rapportent au temps présent, mais qui ne pourraient m'en fournir aucune à l'égard des temps antérieurs à 1790.

Votre concours m'est donc ici absolument nécessaire pour compléter les documens qui me sont demandés sur les questions dont vous trouverez la série à la suite de la présente Circulaire, et en outre, sur une feuille imprimée séparée, à renvoyer à la Sous-Préfecture.

Je prie chacun de MM. les Maires, d'y répondre aussitôt après la réception de ma Circulaire, et de remettre son travail à la Sous-Préfecture de l'arrondissement (au Préfet pour l'arrondissement de Nancy), avant le 25 d'août courant. Chacun de MM. les Sous-Préfets formera ensuite, avec les divers tableaux reçus , un tableau général dont le modèle lui sera adressé.

Je n'ai pas besoin de vous dire, Messieurs, tout le prix que le gouvernement du roi attache à la bonne exécution de ce travail ; vous en sentez l'importance et je suis assuré que vous ne négligerez aucun moyen de le rendre aussi exact et aussi complet qu'il pourra l'être.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Conseiller d'Etat, Préfet de la Meurthe,
Cte. L. D'ALLONVILLE.


SÉRIE des questions adressées à MM. les Maires et auxquelles ils sont priés de répondre, chacun en ce qui concerne sa commune.

1° Quel nombre d'hectares était planté eu vignes en 1789 ? Quel nombre en 1829 ?
2° Quelle quantité d'hectolitres a été récoltée par hectare et par année, à l'une et à l'autre de ces deux époques , en formant une moyenne des années 1786, 1787 et 1788 , et une autre des années 1826 , 1827 et 1828 ?
3° A quelle cause doit-on attribuer les différences en plus ou en moins dans la production par hectare ? quels changemens ont eu lieu , soit dans le mode de culture de la vigne , soit dans l'espèce des terrains consacrés à cette culture ?
4° Quels ont été, à chacune des deux époques ci- dessus ( en formant également une moyenne des trois mêmes années ) , les prix à la vente en gros par le bouilleur, producteur des vins de la commune ?
5° Quelle est la quotité de la contribution foncière à laquelle ces vignobles sont imposés par hectare ?
6° Quelle quantité de vin a été convertie en eau-de-vie, année moyenne, à chacune de ces deux époques ?
7° Quels ont été les prix des eaux-de-vie vendues en gros par le bouilleur, à l'une et à l'autre époque ?
8° Quelle est présentement la consommation annuelle de la commune, en vin et en eau-de-vie ?
9° Quelles quantités de vin et d'eau-de-vie sont exportées de la commune hors du département, année moyenne, en distinguant, autant que possible, les exportations à l'intérieur de la France, et à l'étranger ?
10° Quelles quantités de vin et d'eau-de-vie des années précédentes sont présumées devoir rester chez le producteur et dans les magasins du commerce à l'époque du 1er septembre 1829 ?
11° Quel est le nombre actuel de propriétaires de vignes, en ne comptant chaque propriétaire que dans le lieu où il a son domicile ou son exploitation en vignes ?
12° Quelle est la somme totale de l'impôt foncier sur les vignes de la commune ?
12° bis. Quel est le revenu moyen net de l'hectare de vigne pendant dix années ?
13° Quel sera, par aperçu, le produit brut de la récolte de 1829 (en hectolitres) ?
14° A quelles causes attribue-t-on généralement l'avilissement du prix des vins et le défaut de débouchés depuis trois années ?
15° A-t-on continué à planter des vignes depuis la récolte de 1827, et combien d'hectares ont été nouvellement consacrés à cette culture pendant ces deux années ?
16° Quelle quantité a été arrachée depuis la même époque ?
17° A quelle quantité d'hectolitres d'eau-de-vie à 22 degrés, peut-on évaluer la distillation des substances autres que celles du produit de la vigne, aux deux époques de 1788 et de 1828?

Fait à ………………….……, le ………………..

Le Maire de la commune, ………………………

Document publié le 01-01-2004

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