UFC Que Choisir de Nancy et environs

1829 - La situation des prisonniers

Nancy, le 12 octobre 1829.

MESSIEURS,

L'un de mes premiers soins, lors de mon arrivée dans ce département, avait été de visiter les prisons, les hospices et les autres établissemens publics, afin d'en apprécier la situation et les besoins.

Le compte que j'ai rendu de mes visites dans les prisons, ayant fait connaître à Son Exc. le Ministre de l'intérieur que les ressources dont l'Administration pouvait disposer annuellement, sur les fonds départementaux, jointes aux dons de la charité publique, étaient insuffisantes pour procurer aux prisonniers indigens Ies vêtemens dont ils ont besoin, Son Exc. a fait part de cet état de choses à monsieur le Dauphin , Président de la Société royale des prisons , et lui a proposé d'allouer, sur les fonds particuliers de la Société, un secours qui mit le Préfet à même de pourvoir à l'habillement des détenus les plus nécessiteux.

Son Altesse Royale, toujours si empressée à adopter les vues d'amélioration qui intéressent l'humanité, a bien voulu accueillir la demande de Son Exc. et m'accorder, pour cet objet, une somme de 1 600 francs dans le courant du mois de mars dernier.

J'ai fait aussitôt la répartition de cette somme entre les prisons du département, dans la proportion de leur population ordinaire, et les Commissions charitables ont bien voulu se charger de faire confectionner, avec toute l'économie possible, des effets d'habillement jusqu'à concurrence de la somme allouée.

Mais cette ressource, si précieuse, n'a pu que subvenir aux besoins du moment , et elle se trouve entièrement épuisée à l'approche d'une saison dont la rigueur rend les vêtemens et les couvertures si nécessaires aux prisonniers.

Après en avoir conféré avec MM. les Membres de la Commission des prisons de Nancy, j'ai conçu l'espoir qu'un appel à la bienfaisance publique serait entendu par les habitans du département et qu'ils s'empresseraient de concourir, avec l'auguste Président de la Société royale des prisons, au soulagement des détenus, en offrant soit des couvertures, des habits, des chaussures d'hiver, des chemises, ou bien de l'argent qui serait employé par les Commissions charitables à acheter des eflets de cette nature.

Dans cette persuasion , j'invite MM. les Maires à se concerter avec MM. les Curés ou Desservans de leurs communes pour engager leurs paroissiens à déposer entre leurs mains les dons qu'ils voudront faire aux prisonniers.

L'esprit de charité qui anime MM. les Curés ou Desservans , aussi-bien que MM. les Maires du département, me donne lieu de croire que cet appel ne sera point infructueux , et qu'ils voudront bien se concerter aussi pour faire parvenir prochainement les produits de leurs quêtes à la Sous-Préfecture de leur arrondissement, et, autant qu'il sera possible, avec un état nominatif des personnes qui y auront contribué.

MM. les Sous-Préfets sont invités, de leur côté, à m'adresser aussitôt un état récapitulatif de ces produits, afin que je puisse en faire la répartition entre les diverses prisons du département.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Conseiller d'État, Préfet de la Meurthe,
Cte. L. D'ALLONVILLE.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale