UFC Que Choisir de Nancy et environs

1829 - Les secours aux miséreux

Nancy, le 5 novembre 1829.

MESSIEURS,

Le Roi, qui ne cesse de s'occuper du bonheur et des besoins de ses peuples, veut que l'Administration crée dès à présent, des res-sources, pour venir au secours de la classe indigente, lorsque la rigueur de la saison dans laquelle nous entrons ne lui permettra plus de se livrer aux travaux extérieurs de la campagne. Son Exc. le Ministre de l'Intérieur, en me faisant connaître à cet égard, toute la sollicitude de Sa Majesté, m'a chargé, Messieurs, de vous inviter à seconder de vos moyens et de votre influence, ses bienfai-santes intentions.

C'est ordinairement vers le mois de février, que les besoins des malheureux deviennent plus pressans ; c'est donc pour cette époque surtout qu'il faudrait préparer des ressources pour les secourir. A. cet effet, j'invite ceux de MM. les Maires des communes où il existe des bureaux de bienfaisance, à se concerter avec les Membres de ces bureaux pour aviser aux moyens de dis-tribuer les secours dont ils pourront disposer à l'époque susdite. Au nombre de ces moyens un des plus utiles serait, je crois, de faire des distributions de denrées, qu'on pourrait acheter actuellement.

Des pommes de terre , du riz, du froment, du bois , telles sont les denrées dont il serait nécessaire de s'approvisionner. Dans les communes où il existe des fonds disponibles, il serait à désirer que les Conseils municipaux consentissent à en voter une portion pour secourir les indigens. J'invite et j'autorise MM. les Maires de ces communes à réunir leurs Conseils municipaux extraordinairement. pendant un jour, pour délibérer sur cet objet, et je les prie de me faire parvenir sans aucun retard, par l'intermédiaire de MM. les Sous-Préfets (directement pour l'arrondissement de Nancy), les copies des délibérations qui seront prises, afin que je puisse les approuver. On ne peut faire un emploi plus utile des fonds, ou au moins d'une partie des fonds qui sont disponibles dans les caisses municipales.

Un autre moyen, Messieurs, auquel on peut aussi recourir, consiste à stimuler la charité publique qu'on n'invoque jamais en vain dans ce pays. En exposant les besoins de la classe indigente à ceux de vos administrés en état de les secourir, ils s'empresseront, je n'en doute pas, de concourir avec vous à une si bonne oeuvre.

Si , comme je l'espère, Messieurs , vos efforts sont couronnés du succès, il sera nécessaire que les secours que vous pourrez avoir à distribuer le soient avec assez d'ordre et d'économie pour pouvoir les prolonger. Ce sont surtout les vieillards, les femmes et les enfans , les malades et les infirmes dans l'indigence qui de-vront participer à ces secours. Pour mieux connaître les besoins et la position de vos administrés , vous pourrez utilement consulter MM. les Curés et Desservans de vos communes , qui, portant les consolations de la religion jusque dans la chaumière du pauvre,, sont à mène, plus que personne, de vous faire connaître les né-cessités de leurs paroissiens.

Déjà, Messieurs, j'ai écrit à MM. les Sous-Préfets pour les inviter d'aviser avec vous, aux moyens de secourir les pauvres qui sont in-valides , pendant cet hiver ; je désire savoir tout ce que vous aurez pu faire pour atteindre ce but. Je vous prie donc de me faire connaître , par l'intermédiaire de MM. vos Sous-Préfets (directement
pour l'arrondissement de Nancy), les mesures que vous aurez prises; étant chargé par Son Exc. le Ministre de l'intérieur de lui en rendre un compte qui sera mis sous les yeux du Roi, je me ferai un devoir et à la fois un plaisir de signaler dans mon rapport , ceux de MM. les Maires dont le zèle dans cette circonstance se sera manifesté le plus efficacement.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Conseiller d'Etat, Préfet de la Meurthe,
Cte. L. D'ALLONVILLE.

Document publié le 01-01-2004

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