UFC Que Choisir de Nancy et environs

1832 - La repression des émeutiers de Nancy

Nancy, le 19 juin 1832.

MESSIEURS,

Vous n'ignorez sans doute pas que dans les soirées des 25 et 26 mai de grands désordres, dont une prétendue disette a été le prétexte, ont troublé la ville de Nancy. Une foule égarée par des excitations perfides s'est livrée à de coupables excès. Des gens ivres pour la plupart, et se disant mourant de faim, ont parcouru la ville, brisant les portes et fenêtres des boulangers, saccageant plusieurs maisons, maltraitant des gardes nationaux isolés, et provoquant la force publique par les insultes et les voies de fait les plus violentes. De pareils attentats ne pouvaient rester impunis. Plus de soixante perturbateurs pris en flagrant délit ont été livrés aux tribunaux qui, accordant prompte et juste satisfaction aux lois violées, ont déjà prononcé les trente-trois condamnations ci-après indiquées.

Donnez-leur, Messieurs, toute la publicité possible. L'administration, touchée des souffrances de la classe pauvre, fait et fera de continuels efforts pour les adoucir; mais elle ne souffrira jamais des désordres qui les aggravent et portent atteinte aux droits les plus saints de la société. J'ajouterai que dans cette circonstance comme en beaucoup d'autres, les instigateurs qui avaient méchamment poussé leurs concitoyens à la révolte, tout en s'abstenant de paraître au milieu d'eux, les ont ensuite lâchement abandonnés.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Préfet du département de la Meurthe,
L. ARNAULT.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale