UFC Que Choisir de Nancy et environs

1832 - Les charlatans et le choléra

Nancy, le 1er septembre 1832.

MESSIEURS,

Je suis informé que des empiriques parcourent ce département pour vendre des remèdes et des spécifiques contre le choléra. Un de ces charlatans débite un élixir dont une jeune fille, cédant aux instances de ses parens, a fait usage. Aussitôt elle a été saisie de douleurs d'estomac excessives et de convulsions si violentes, que quatre personnes avaient peine à la contenir. Enfin, après avoir horriblement souffert et tout brisé autour d'elle, elle a expiré en reprochant sa mort à ses parens.

J'ai dénoncé ce fait à M. le Procureur du Roi de l'arrondissement de Nancy, afin qu'il poursuive devant les tribunaux l'auteur de la mort de cette jeune fille.

Je vous recommande, Messieurs, d'éclairer vos administrés sur les dangers qu'il y aurait pour eux à se confier, soit pour se préserver, soit pour se guérir de l'épidémie qui afflige malheureusement notre département, à des gens sans connaissances, à des charlatans qui, spéculant sur cette cruelle maladie, et sur la crédulité publique, ne craignent pas de compromettre l'existence de leurs concitoyens pour satisfaire leur honteuse cupidité. Empêchez vos administrés de leur accorder aucune confiance; faites-leur bien comprendre qu'il y va de leur existence. Si des charlatans de cette espèce se présentent dans vos communes, repoussez-les et dressez contre ceux d'entre eux qui débiteraient aucun remède, des procès-verbaux que vous transmettrez immédiatement à M. le Procureur du Roi de votre arrondissement.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée,

Le Préfet de la Meurthe,
L. ARNAULT.

Document publié le 01-01-2004

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