UFC Que Choisir de Nancy et environs

1848 - La répression

Nancy, le 30 juin 1848.

MESSIEURS ,

Après quatre jours de lutte sanglante et opiniâtre, la République a prévalu contre ses ennemis. La garde nationale, la garde mobile, l'armée ont rivalisé de courage et de dévouement. Le triomphe de la liberté et des lois n’ a été obtenu qu'au prix des plus douloureux sacrifices ; mais le pays attachera d' autant plus d' honneur à conserver les institutions républicaines qu'elles lui auront coûté davantage.

La population de Paris, armée tout entière pour sa défense, la brave troupe de ligne, les gardes nationales des départements qui ont généreusement pris part au combat, sont aujourd'hui debout et réunies dans un même sentiment. Elles veillent au maintien de l' ordre, elles achèvent de décourager les passions aveugles et criminelles qui menaçaient la société.

Le pouvoir exécutif est confié au général Cavaignac, dont la France connait le patriotisme et le courage. La liberté n'est point en péril. Il n'y a que l'anarchie de vaincue. L'état de siége ne menace aucune des garanties sociales : dans les circonstances actuelles, il ne peut que les fortifier et les consacrer. L' Assemblée nationale n' a point eu d'autre pensée. Paris est à la fois calme et libre; les factieux sont réduits à l'impuissance et les coupables sont déférés à la sévérité des lois.

Prenez toutes les mesures de précaution et de surveillance que réclameraient les circonstances ; faites rechercher les complices du dernier attentat de juin, qui auraient cherché un asile dans le département ; faites exécuter strictement les réglements concernant les auberges et les maisons garnies ; exigez des voyageurs la représentation de leurs passeports, et mettez à la disposition de la justice ceux qui n'en seraient pas munis ou qui ne pourraient pas justifer, soit d' un domicile légal, soit de leur identité. Montrez-vous fermes et énergiques, et que les bons citoyens se rassurent en voyant que l'autorité républicaine est forte.

Je compte sur votre concours, et tenez-moi exactement au courant de tous les faits dignes d'attention qui viendraient à se produire.

Salut et fraternité.

Le Préfet de la Meurthe,
E. LORENTZ.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale