UFC Que Choisir de Nancy et environs

1815 - La destruction de l'image de NAOPLEON

Nancy, le 30 novembre 1815.

Messieurs, il existe dans quelques édifices publics, des bustes et des portraits de l'usurpateur, ou des emblèmes de son gouvernement

Il ne suffit pas de les avoir dérobés aux regards du public, en les reléguant dans des greniers ou des magasins : leur conservation serait un scandale. Elle servirait de texte aux commentaires de la malveillance. Ces tristes monumens de l'adulation doivent disparaître. Vous ferez transporter, sans délai, à l'hôtel de la sous-préfecture de votre arrondissement, pour y être brisés, ceux qui existeraient encore dans votre commune.

Votre surveillance à cet égard ne doit pas se restreindre aux établissemens publics. Si vous appreniez qu'il existe de pareils objets dans des maisons particulières, vous pourriez, avec les égards qu'on doit à la propriété individuelle, employer tous les moyens de persuasion pour en obtenir l'anéantissement; mais ces égards, vous ne les devez qu'a ceux qui ne font pas un mauvais usage de ces images proscrites. Ceux qui s'en serviraient comme d'un aliment à l'esprit de parti, seraient dénoncés par vous à M. le sous-préfet de votre arrondissement, pour qu'il soit agi d'autorité à leur égard.

Les mesures que je viens de vous prescrire, doivent s'étendre à tous les signes prohibés, tels que drapeaux, cocardes, etc., etc. Faites effacer avec soin de tous les lieux publics ou apparens, les emblèmes de ce genre. Faites connaître à toutes les personnes qui auraient chez elles des cocardes , planches , poinçons , cachets impériaux, etc. , qu'elles se rendraient suspectes, et qu'elles exposeraient leur tranquillité eu les conservant après cet avertissement.
Je compte sur votre zèle pour l'exécution de ces mesures, et sur votre exactitude à m'informer des résultats qu'elles auront obtenus.

Vous vous serez sans doute empressés, aussitôt que les événemens vous auront permis de donner un libre essor à la manifestation de vos sentimens, de faire arborer le drapeau blanc sur la maison municipale et les édifices publics de votre commune. Je vous recommande de veiller à ce qu'il y soit constamment maintenu.

Vous avez dû aussi vous munir d'une écharpe blanche, qui est la seule que puissent porter aujourd'hui les maires et adjoints. L'achat du drapeau et de l'écharpe est une dépense que j'autoriserai, s'il est nécessaire, sur les revenus communaux.

Je vous renouvelle, Messieurs, l'assurance de ma considération.
Signé, le Comte DE KERSAINT.

Document publié le 01-01-2004

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