UFC Que Choisir de Nancy et environs

1815 - Le message d'adieu d'un général russe

Nancy, le 22 octobre 1815.

Monsieur, c'est avec les sentimens de la plus vive reconnaissance, que j'ai reçu votre aimable lettre du 13, et l'acte, si honorable pour moi, de la municipalité de Pont-à-Mousson. J'ai rempli mon devoir, et j'ai obéi aux plus doux sentimens de mon coeur, en cherchant à alléger les charges de la guerre dans un pays qui avait tant souffert, et dont j'ai éprouvé tant de marques d'amitié et d'intérêt.

Vous ne me devez aucune reconnaissance, et je vous en dois pour les sentimens que vous m'avez témoignés et pour la manière dont vous m'avez secondé. Je n'ai pas oublié vos intérêts, et je m'en occuperai à Varsovie, où je trouverai S. M. I. et Mgr. le prince Barclay. Forcé de m'y rendre très-vite, je ne puis m'arrêter ici, et je suis forcé de renoncer au plaisir de vous revoir, et de témoigner aux habitans de Pont-à-Mousson mon attachement pour eux. Je vous prie d'être mon interprète auprès d'eux: je ne puis en avoir un meilleur. Je vous prie, Monsieur, de recevoir ces deux cents francs pour les plus pauvres habitans de Pont-à-Mousson, et je compte sur votre justice et sur votre discernement, pour (avec M. le curé, à qui je vous prie de présenter tous mes complimens) les distribuer aux malheureux qui ont le plus souffert de la guerre. Je vous prie d'offrir tous mes remerciemens à la municipalité, et de témoigner à ses membres combien j'ai été sensible à leurs démarches pour moi.

J'ai l'honneur d'être, avec une grande considération et un inviolable attachement, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Signé, le comte DE LANGERON, général en chef au service de Russie.

Document publié le 01-01-2004

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