UFC Que Choisir de Nancy et environs

1815 - La proclamation du Préfet

Habitans du département de la Meurthe!

Nommé par le roi à la préfecture de ce département, je me suis pénétré du sentiment de mes devoirs. J'en ai mesuré l'étendue; et plus la tâche qu'ils m'imposent est difficile, plus j'aspire à les remplir avec le zèle et le dévouement que S. M. a le droit d'attendre de moi.

J'apporte au milieu de vous la ferme résolution de tout sacrifier aux intérêts communs et inséparables de mon prince et de ma patrie, d'étouffer tous germes de discorde, d'écarter de moi tout esprit d'intrigue et de faction, et de ne m'entourer que d'hommes honnêtes, dont les lumières, la conduite et les sentimens éprouvés m'aident à conquérir l'estime de mes administrés, première récompense de mes efforts pour assurer leur bien-être.

A votre tour, habitans de la Meurthe, abjurez toutes vos dissentions intestines; que les passions s'éteignent, que l'expérience du passé ne soit pas perdue pour vous. Une union franche et indissoluble entre le peuple et le trône, peut encore faire succéder des jours heureux à des jours de calamité. Soyez unanimes; dans votre amour pour le meilleur des rois, et dans votre confiance en ses intentions paternelles ; repoussez les vaines terreurs que la malveillance chercherait encore à répandre : ce n'est pas dans un département aussi fécond que le vôtre en esprits éclairés, qu'on serait excusable d'ajouter foi à ces fables absurdes du rétablissement des institutions féodales, du retour sur les ventes des biens nationaux. Les droits que la charte a consacrés seront inviolablement maintenus.

Le fléau de la guerre s'est appesanti sur ces belles contrées : le cour du roi en a gémi. L'objet constant de sa sollicitude est d'adoucir des maux qu'il n'a pu prévenir. Appelé une seconde fois par la providence pour réparer nos désastres, il est notre médiateur près des rois que nos divisions ont forcés à reprendre les armes : il les obligera à respecter nos malheurs ; et, sous son égide tutélaire, la France, cette antique patrie de l'honneur, recouvrera et son ancienne puissance et la glorieuse renommée dont elle a jadis été si fière sous l'autorité de ses princes légitimes.

N'ayons donc plus qu'un même coeur pour aimer ce père commun de tous les Français, le descendant de ce Stanislas, à qui la Lorraine a dû si longtemps sa prospérité; n'ayons qu'un même sentiment pour lui être fidèles, qu'une même volonté pour le servir et le défendre, et reposons-nous du soin de nous rendre heureux sur la justice et la bonté des augustes enfans d'Henri IV. VIVE L E ROI!

A Nancy, le 1er octobre 1815.
Le contre - amiral, préfet de la Meurthe Signé, le comte DE KERSAINT.

Document publié le 01-01-2004

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