UFC Que Choisir de Nancy et environs

1817 - Le contrôle des mendiants étrangers

Nancy, le 4 mars 1817.

Messieurs, S. Ex. le ministre de la police générale est informée qu'un abus grave , et souvent réprimé , sans qu'on ait pu encore parvenir à le détruire entièrement, se reproduit aujourd'hui avec plus d'intensité que jamais. Il s'agit des quêteurs et mendiants étrangers, vulgairement connus en Italie sous le nom de battibirbe, et pour la plupart originaires des communes de Borzonasca et Sopra-la-Croce, dans l'état de Gênes. Ces individus, extrêmement adroits , parcourent toute l'Europe en quêtant, et il n'y a pas de moyens qu'ils n'emploient pour exciter la commisération. Ils sont pourvus d'attestations en différentes langues, et de tous les faux papiers nécessaires. Tantôt ils se présentent comme des moines qui invoquent la charité publique pour leur couvent, tantôt comme des marchands qui ont été ruinés par un naufrage ou un incendie ; quelquefois c'est pour le rachat des captifs qu'ils doivent faire la quête ; souvent ils empruntent le prétexte d'un voeu et d'un pèlerinage, etc.

Les courses de ces vagabonds ont pour résultat de faire passer annuellement dans leur pays des sommes assez considérables. C'est à-peu-près le seul genre d'industrie de la contrée.

Il ne convient dans aucun temps de tolérer cette sorte de mendicité et de vagabondage ; mais il est surtout essentiel de la réprimer dans les circonstances actuelles, où la bienfaisance publique a tant d'occasions de s'exercer envers les nationaux , que les malheurs communs ont privé de leurs moyens d'existence. D'après ces considérations, je vous recommande formellement de faire arrêter, partout où ils seront rencontrés , les mendiants de la classe ci -dessus désignée. Vous les ferez traduire pardevant M. le procureur du roi, chargé de leur faire appliquer les peines déterminées par le code pénal ; et, après qu'ils auront subi leur condamnation , ils seront conduits hors du royaume par la gendarmerie, avec défense d'y rentrer.

Je prie MM. les sous-préfets de tenir la main â ce que ces dispositions soient scrupuleusement exécutées.

Recevez , Messieurs , la nouvelle assurance de ma parfaite considération.

Le préfet de la Meurthe,
Signé SÉGUIER.

Document publié le 01-01-2004

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