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1820 - Les devoirs des fonctionnaires

, et de faire respecter tous les intérêts reconnus par la charte.

Le moyen le plus sûr, pour atteindre ce but, est de rallier tous les véritables amis du trône et de leur pays, tous ceux qui sont sincèrement attachés à la charte constitutionnelle et aux principes d'une sage et vraie liberté. Des nuances d'opinion, des souvenirs plus ou moins pénibles, des regrets anciens ou récens, ne doivent plus diviser des hommes faits pour s'estimer et pour s'entendre. Il est nécessaire de les réunir tous pour opposer l'esprit de conservation à l'esprit de révolution, pour empêcher que sous les apparences du zèle pour la liberté et sous le prétexte de feintes alarmes pour le maintien de nos lois, on ne propage l'esprit de désaffection, de défiance, d'innovation et de révoltes qui prépare les voies à des révolutions nouvelles.

Il importe que tous les fonctionnaires publics travaillent à cette réunion de tous les bons citoyens, qu'ils se pénètrent de l'esprit du gouvernement, agissent dans les mêmes intentions, et prouvent par leur sagesse et la fermeté de leur conduite, comme par la pureté de leurs principes, qu’ils méritent la confiance que le roi a daigné leur accorder. Le gouvernement compte sur leur fidélité et sur le plus absolu dévouement de leur part. Quand on accepte des fonctions publiques , on contracte, par cela seul , l'obligation d'une exacte obéissance et encore d'un concours effectif et efficace à toutes les vues du gouvernement ; on doit compte non-seulement à soi , mais aux autres , des sentimens que l'on professe. Ce n'est pas assez en effet d'être irréprochable dans ses opinions, si on ne les manifeste avec une noble assurance. Les saines doctrines sont seules autorisées à se produire. La voix des magistrats doit se signaler et combattre, et leur autorité doit réprimer, celles qui tendraient à troubler l'ordre, à ébranler les lois de l'état et à altérer la confiance publique.

Ainsi, Messieurs, rallier au roi et à la charte tous vos administrés ; rassurer ceux que de perfides suggestions auraient alarmés ; réunir au gouvernement du roi tous les hommes de bonne foi qu'une erreur d'opinion aurait pu en éloigner à regret; isoler, enfin, de tous les individus estimables et paisibles, les ennemis du trône légitime, et que consternera alors leur propre faiblesse : telle est la mission que nous avons à remplir. J'aime à penser que vous vous en montrerez constamment dignes. Vous ne souffrirez rien qui porte atteinte au respect dû à la majesté royale, à l'obéissance à la charte, à la soumission aux lois et à l'autorité constitutionnelle des chambres et du gouvernement, à la religion, à la morale et à la décence publique. Vous veillerez au maintien exact et sévère des principes et des convenances dans tous les actes de l'administration. Il faut qu'un retrouve dans tous les discours, dans toutes les publications de l'autorité ce respect véritablement national, ces sentimens nobles et généreux de fidélité envers le prince et d'attachement aux libertés publiques, dont la propagation peut seule garantir la durée de nos institutions.

Le gouvernement ne souffrira pas que ses fonctionnaires s'écartent de la marche qui leur est tracée. Désormais
aucune des carrières publiques ne sera ouverte qu'à ceux qui confondent dans un même dévouement la monarchie et la charte, la liberté et la légitimité , et elles demeureront fermées aux hommes qui ne rompront pas avec les ennemis du gouvernement du roi. Il faut que l'on sache bien que les choix de de Sa Majesté doivent être mérités par un dévouement sincère à la monarchie.

En vous rappelant ces principes, au nom du gouvernement du roi, Messieurs, je n'ai pas besoin d'ajouter qu'ils dirigeront constamment et uniquement mon administration parmi vous. En recevant les fonctions honorables que Sa Majesté a daigné me confier, j'ai promis de n'avoir d'autre règle qu'une justice impartiale, un dévouement inviolable au roi et à son auguste famille, et une religieuse vénération pour la charte constitutionnelle, que nous devons à sa sagesse. Je serai fidèle à cet engagement sacré. Vous avez fait les mêmes sermens ; je ne doute point que vous ne sachiez les tenir, et je m'honorerai de vous en donner l’exemple.
Recevez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.
Le Maître des requêtes, préfet de la Meurthe,
Le vicomte DE VILLENEUVE.

Document publié le 01-01-2004

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