UFC Que Choisir de Nancy et environs

1820 - Les elections législatives

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre,

A tous ceux qui ces présentes verront, salut:
Français, au moment où la loi qui garantit à vos suffrages une entière indépendance, qui assure à vos intérêts une plus juste représentation, va recevoir son exécution pour première fois, je veux que vous entendiez ma voix.
Les circonstances sont graves:

Regardez chez vous, autour de vous ; tout vous dira vos dangers, vos besoins et vos devoirs.
Une liberté forte et légitime vous est acquise ; elle est fondée sur des lois émanées de mon amour pour mes peuples et de mon expérience des temps où nous vivons; avec ces lois, il dépend de vous d'assurer le repos, la gloire et le bonheur de notre commune patrie; vous en avez la volonté, sachez la manifester par vos choix. La liberté ne se conserve que par la sagesse et la loyauté; écartez des nobles fonctions de député les fauteurs de troubles, les artisans de discorde, les propagateurs d'injustes défiances contre mon gouvernement , ma famille et moi ; et s'ils vous demandaient pourquoi vous les repoussez, montrez-leur cette France , si accablée il y a cinq ans, si miraculeusement restaurée depuis, touchant enfin au moment de recevoir le prix de tant de sacrifices, de voir ses impôts diminués, toutes les charges publiques allégées; dites-leur que ce n'est pas quand tout fleurit, tout prospère , tout grandit dans votre patrie, que vous entendez mettre au hasard de leurs rêves insensés, ou livrer à leurs desseins pervers, vos arts, votre industrie, les moissons de vos champs, la vie de vos enfans, la paix de vos familles , une félicité enfin que tous les peuples de la terre envient.

De toutes parts s'offre à vos suffrages une foule de citoyens, amis sincères et zélés de la charte, également dévoués au trône et à la patrie, également ennemis du despotisme et de l'anarchie. Choisis parmi eux, vos députés affermiront avec moi l'ordre sans lequel nulle société ne peut exister ; j'affermirai, avec eux, ces libertés qui toujours ont eu pour asile le trône de mes aïeux et que deux fois je vous ai rendues.

Le monde attend de vous de hautes leçons, et vous les lui devez d'autant plus que vous les lui avez rendues nécessaires. En offrant aux peuples le spectacle de cette liberté qui remue si puissamment les âmes, vous leur avez donné le droit de vous demander compte des écarts dans lesquels elle pourrait les entraîner; enseignez-leur donc à éviter les écueils dont vote route a été sevrée, et montrez-leur que ce n'est pas sur des ruines et des débris, mais sur la justice et le respect des droits, que les institutions libres, se fondent et s'affermissent.

C'est ainsi que, marchant à la tête de la civilisation, la France, au milieu des agitations qui l'environnent, doit rester calme et confiante. Unie avec son roi, ses prospérités sont au-dessus de toute atteinte. L'esprit de faction pourrait seul les compromettre: s'il ose se produire, il sera réprimé : dans l'enceinte des chambres, par le patriotisme des pairs et des députés ; hors des chambres, par la vigilance des magistrats, la fermeté de tout ce qui est armé pour protéger, maintenir la paix publique, et sur-tout par mon inébranlable volonté.

Français ! Vous m'avez donné de récens témoignages de vos nobles et généreux sentimens; vous avez partagé les consolations que la providence vient d'envoyer à moi et à ma famille; que ce gage de perpétuité, que le ciel donne à la France, soit aussi l'heureux gage de la réunion de tous les hommes qui veulent sincèrement les institutions que je vous ai données, et avec elles l'ordre, la paix, le bonheur de la patrie.

Donné au château des Tuileries, le 25 octobre de l'an de grâce 1820 et de notre règne le vingt-sixième.
Signé L O U I S.
Par le roi :
Le président du conseil des ministres,
Signé RICHELIEU.
Pour ampliation :
Le ministre, secrétaire-d'état au département de l'intérieur ,
SIMÉON.

Document publié le 01-01-2004

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