UFC Que Choisir de Nancy et environs

1822 - Les agitateurs

Nancy, le 8 avril 1822.

Messieurs, plusieurs instructions vous ont été sucessivement adressées pour vous rappeler vos obligations relativement à la surveillance à exercer envers les voyageurs, et vous recommander l'exécution exacte des lois et réglemens concernant les passe-ports.

J'ai lieu de croire que ces instructions n'ont pas été partout scrupuleusement suivies, puisque, d'après les rapports qui me sont parvenus et les informations reçues au ministère, il paraîtrait que des individus étrangers ont traversé quelques communes de ce département ; qu'ils y ont répandu des nouvelles alarmantes, proféré des propos très-répréhensibles, et qu'ils n'ont été l'objet d'aucune poursuite de la part des autorités locales. Ces fauteurs de troubles n'auraient pas échappé à la peine qu'ils ont encourue, si partout les fonctionnaires, chargés de la police avaient montré le même zèle à déjouer des tentatives aussi criminelles.

Je viens donc, Messieurs, appeler de nouveau toute votre sollicitude sur cette partie de vos devoirs : si la malveillance est infatigable dans ses efforts pour fomenter les désordres, inquiéter les paisibles citoyens et répandre d'odieuses insinuations sur les intentions du gouvernement, les magistrats doivent lui opposer une vigilance de tous les instans et la juste sévérité des lois. Ne négligez rien pour être exactement informés de tout ce qui se passe ;dans vos communes : concertez-vous à cet égard avec MM. les commandans de la gendarmerie, et donnez des ordres précis aux gardes-champêtres et à tous les agens de la police; vérifiez sur-le-champ tous les avis qui vous sont donnés, et n'hésitez pas à faire arrêter et livrer à M. le procureur du roi de l'arrondissement, avec les preuves du délit, les individus qui se seraient permis de tenir de coupables discours ou de répandre des nouvelles alarmantes , soit dans des voitures publiques, soit dans les auberges, soit dans tous les autres lieux publics.

Je désire que vous me rendiez compte immédiatement de chaque arrestation et des circonstances qui l'auront motivée.
Recevez, Messieurs , l'assurance de ma parfaite considération.

Le maître des requêtes, préfet de la Meurthe,
Le vicomte DE VILLENEUVE.

Document publié le 01-01-2004

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