UFC Que Choisir de Nancy et environs

1830 - L'incendie de Badonviller

Nancy, 1e 9 septembre 1830.

MESSIEURS,

Un incendie, résultat d'un accident, a dévoré, dans la commune de Badonviller, soixante - quatre maisons et tout le mobilier qu'elles contenaient. Dix autres maisons sont en partie détruites ; deux habitans ont péri victimes de leur zèle, et on présume que deux femmes qui n'ont point reparu ont aussi perdu la vie.

La perte est évaluée à environ 300 000 fr. ; ainsi aux approches de la saison la plus rigoureuse, 180 ménages sont sans asile et sans ressources.

Je crois donc, Messieurs, devoir faire, en faveur de ces infortunés, un appel à la générosité des habitans du département, et j'ai tout lieu d'espérer qu'il ne sera point infructueux.

J'ai, en conséquence, l'honneur d'inviter MM, les Maires et MM. les Notaires à recevoir toutes les offrandes qui leur seront portées, et à les verser, pour l'arrondissement de Nancy, à la caisse de M. le Receveur-Général des finances, et pour les autres arrondissemens, à celles de MM. les Receveurs particuliers.

Les produits de ces souscriptions seront versés â la caisse du Percepteur-Receveur de la commune de Badonviller, pour être répartis entre les victimes de l'incendie, dans la proportion de leurs pertes, et eu égard à leur position plus ou moins malheureuse. Une commission formée avec le soin le plus scrupuleux sera chargée de la répartition, sous la surveillance de l'autorité administrative supérieure.

Les résultats des souscriptions seront portés à la connaissance du public, par la voie du journal du département.

J'informe M. le Ministre de l'Intérieur de cet événement calamiteux, et le prie aussi et instamment de m'accorder, en faveur de la malheureuse population de Badonviller, le secours le plus considérable dont il pourra disposer.

Je compte, Messieurs, sur tout le zèle et sur tout le dévouement que, dans une circonstance aussi déplorable, la voix de l'humanité réclame de vous avec tant de force.

Je me confie également dans les sentimens bien- connus, et déjà si souvent manifestés, de MM. les Notaires.
Je ne suis pas moins certain de tout l'empressement que M. le Receveur-Général et MM. les Receveurs particuliers apporteront dans le concours que je sollicite de leur part.

Attendu l'urgence de la distribution de secours, je prie instamment les personnes qui auront bien voulu recevoir les offrandes, d'effectuer leurs versemens tous les huit jours.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Préfet du département de la Meurthe,
MERVILLE.

Document publié le 01-01-2004

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