UFC Que Choisir de Nancy et environs

1843 - Les nouveaux médicaments

Nancy, le 16 novembre 1843.

MESSIEURS,

Vous trouverez ci-après copie, 1° d'une circulaire de M. le Ministre de l'intérieur du 20 octobre dernier, relative à l'emploi d'un nouveau cataplasme inventé par M. Durand, pharmacien des hospices de Caen ; 2° et de la formule pour la préparation de ce cataplasme.

Je vous prie de donner la plus grande publicité à cette invention et d'en communiquer spécialement la recette aux administrations hospitalières.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Préfet de la Meurthe,
L. ARNAULT.

MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR.

Paris, le 20 octobre 1863.

Monsieur le Préfet, M. Durand, pharmacien des hospices de Caen, a inventé un nouveau cataplasme qui est en usage, depuis trois années, dans ces établissements.

Cette préparation, qui est destinée à remplacer les cataplasmes de farine de lin et qui a été expérimentée, paraît présenter, sous les rapports thérapeutique et économique, de notables avantages, et déjà, d'après l'avis favorable du conseil de santé des armées, M. le Ministre de la guerre a décidé qu'elle serait adoptée pour le service des hôpitaux militaires.

Je pense, Monsieur le Préfet, qu'il serait utile de répandre la formule de cette préparation et d'en recommander particulièrement l'usage aux commissions administratives des hospices civils et aux bureaux de bienfaisance.

Vous trouverez, à la suite de la présente circulaire, une note contenant cette formule, qui est extrêmement simple et d'une facile application. Veuillez, je vous prie, lui donner la plus grande publicité, et la communiquer spécialement aux administrations hospitalières, en appelant leur attention sur les avantages qu'elle présente et qui paraissent de nature à en déterminer surtout l'adoption dans les établissements publics consacrés au soulagement de l'humanité souffrante.

Je vous prie de vouloir bien m'accuser réception de la présente circulaire.

Agréez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération distinguée.

Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l’intérieur,
Signé T. DUCHATEL.

Pour expédition :
Le Sous-Secrétaire d'Etat,
Signé A. Passy.


Note sur la préparation d'un nouveau cataplasme usité dans les hôpitaux de Caen et dans les hôpitaux militaires.

Inconvénients des cataplasmes de farine de lin. - Ils sont nombreux.
1° Le cataplasme de farine ne présente pas assez de légèreté ; il est souvent, pour la partie malade, un poids incommode ;
2° Il se dessèche trop promptement et n'entretient pas assez longtemps la moiteur de la peau ;
3° Il occasionne souvent des éruptions qui, dans certains cas, pourraient n'être pas sans danger, etc.

La farine de lin, en un mot, fût-elle toujours parfaitement pure, ne répondrait aux besoins du malade, au voeu du médecin, que d'une manière imparfaite.

Or, cette substance ne se trouve guère, dans le commerce, à l'état de pureté naturelle ; elle est souvent mélangée de tourteau ou d'autres produits dont l'action n'est que trop propre à paralyser celle du médicament on à produire un effet entièrement contraire. Ordinairement préparée de vieille date, elle a perdu, quand on l'emploie, sa propriété émolliente.

Avantages thérapeutiques et économiques du nouveau cataplasme. - Le nouveau cataplasme n'offre aucun de ces inconvénients et réunit tous les avantages de celui de farine de lin. Léger, doux à la peau, onctueux, d'une application facile, composé d'un pur mucilage, il n'affecte jamais l'épiderme, ne produit jamais d'irritation ; il coûte quatre fois moins, et s'emploie aisément dans toutes les circonstances, puisque les éléments purs s'en trouvent partout.

Préparation du nouveau cataplasme. - On prépare ce médicament en faisant chauffer, à une température de 75 à 80 degrés environ, un kilogramme de graine de lin entière dans 20 litres d'eau commune, jusqu'à ce que le mucilage ait acquis, au moins, à cette température, la consistance et la viscosité du blanc d'oeuf. On mêle ensuite à la liqueur, peu à peu, 4 kilogrammes de son, environ, et l'on fait chauffer quelque temps encore, afin que le son soit entièrement pénétré.

La quantité de graine de lin indiquée dans la formule ci-dessus est suffisante, et on n'est obligé de l'augmenter que lorsque la graine n'est pas de première qualité.

Le son qui contient encore de la farine est celui qui convient le mieux, ce qui se conçoit aisément.

Comme, dans les hôpitaux, une bassine sert exclusivement à la préparation des cataplasmes et que ces médicaments sont distribués deux fois en 24 heures, il est bon, immédiatement après chaque distribution, de mettre l'eau et la graine de lin dans la bassine, en laissant, sous celle-ci, quelques charbons incandescents. En opérant ainsi, on évite de chauffer aussi longtemps à une température de 80 degrés, ce qui est avantageux sous plusieurs rapports.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale