UFC Que Choisir de Nancy et environs

1847 - La culture des pommes de terre

Quelques personnes ont pensé que la reproduction de la pomme de terre par la voie du semis pourrait concourir à préserver cette plante précieuse de l'altération spéciale dont elle a tant souffert en 1845 et 1846.

Cependant quelques semis faits en 1846 paraissent avoir souffert à peu près autant que les plantations de tubercules ; mais divers cultivateurs assurent, au contraire, que ce mode de reproduction leur réussit constamment depuis plusieurs années.

L'importance qui s'attache à la conservation de cette plante précieuse doit engager les cultivateurs à tenter, plus généralement qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour, une expérience d'ailleurs si facile.

Dans une terre légère autant que possible, bien fumée d'automne ou d'hiver et parfaitement ameublie, telle, enfin, qu'on devrait la préparer pour un semis de betteraves ou, mieux encore, de carottes, on trace au rayonneur, des lignes espacées d'environ 6 décimètres et profondes de 2 à 4 centimètres seulement ; en mars on avril, on sème très-clair dans ces rigoles, de manière à espacer les plants à peu près autant que doivent l'être des plants de betterave ou de colza, et l’on couvre très-légèrement le semis, soit en répandant à la main du terreau consommé sur la semence, soit au râteau, à la herse légère, ou avec un rouleau.

Dans les départements où l'usage du semoir est général, cet instrument remplacera parfaitement toutes ces opérations, et le semis de la pomme de terre, aussi bien que sa culture ultérieure, présenteront une grande analogie avec le semis et la culture du pavot, par exemple.

Par des binages successifs et aussi répétés qu'il sera nécessaire, on tiendra le semis parfaitement net de mauvaises herbes, la couche superficielle du sol bien pulvérulente, les plans de pommes de terre espacés de 5 à 4 décimètres au moins sur la ligne, et légèrement buttés.

Ceux qui feraient ces semis tardivement, en mai, par exemple, ou qui voudraient obtenir de leur graine tout le produit possible, devront semer en pépinière et repiquer. Dans ce cas, le semis peut être fait sous chassis, sur couche sourde, on simplement sur une planche de jardin , en lignes ou à la volée. La culture sera dès lors analogue à celle des choux. Lors du repiquage en plein champ, les plants devront être espacés de 4 à 5 décimètres, binés et buttés plus tard, comme ceux du semis en place.

On peut obtenir dans l'année même, par le semis en place comme par le repiquage, un certain nombre de tubercules aussi gros que ceux de nos plantations ordinaires.

Mais il importe de bien remarquer que le semis produit ordinairement un grand nombre de variétés différentes qu'il faut marquer avec soin pendant la végétation et trier à l'arrachage, pour les planter isolément, autant que possible, l'année suivante. La forme, la couleur, la saveur, le rendement, le mode de végétation et l'époque de maturité des tubercules obtenus de la même graine, dans un même semis, présentent presque toujours des variations considérables.

Les cultivateurs devront s'attacher avec soin à constater toutes ces différences et conserver, en autant de lots séparés et distincts, chacune des variétés qu'ils pourront obtenir.

L'année suivante, la plantation des tubercules de chaque lot présumé composé d'une seule et même variété donnera probablement lieu à un nouveau triage ; mais, lors de la récolte, le cultivateur sera fixé sur le mérite de chaque variété. Il livrera à la consommation tous les lots dont le rendement ou la qualité lui paraîtraient insuffisants, et ne conservera, pour les plantations subséquentes, que les variétés les meilleures et les plus productives.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale