UFC Que Choisir de Nancy et environs

1852 - La repression de la mendicité

Nancy, le 18 septembre 1852.

MESSIEURS,

Je suis informé que des bandes de mendiants et de vagabonds, en partie originaires de ce département, se rendent dans les départements voisins sous prétexte de faire le commerce d'os, de chiffons ou de paniers d'osier, mais en réalité pour se livrer à la mendicité et souvent au vol. Les populations visitées par ces bandes nomades s'inquiètent à juste titre de leur apparition ; des mesures de répression sont employées pour remédier au mal ; mais c'est au lieu même où il a sa source qu'il importe de le prévenir, en empêchant, par tous les moyens que fournit la loi, l'émigration de ces mendiants hors de leurs domiciles. Là est le point essentiel, et c'est celui sur lequel j'appelle toute votre attention.

J'ai pu souvent remarquer avec quelle facilité MM. les blaires délivrent des passeports ou des certificats à des individus qui font usage de ces pièces pour voyager en mendiant et obtenir ensuite les secours de route pour rentrer dans leurs foyers. La mendicité est un délit prévu et réprimé par le code pénal (articles 274, 275 et 276), et MM. les Maires doivent se garder de l'encourager.

Je leur recommande donc de s'abstenir de délivrer des passeports aux individus qu'ils savent dépourvus de moyens d'existence, et qui n'ont d'autres motifs de déplacement que celui de solliciter la charité publique. Ils doivent encore moins leur délivrer des certificats, qui, la plupart du temps, sont considérés par les titulaires comme une sorte d'autorisation de se livrer à la mendicité.

Je vous recommande également, Messieurs, d'exercer une active surveillance à l'égard de tous les mendiants et vagabonds qui circulent dans le département. Assurez-vous si ces individus, qui n'ont ni profession ni moyens d'existence, sont porteurs de papiers en règle. S'ils voyagent sans motifs et sans but, enjoignez-leur, sous peine de poursuites, de retourner immédiatement dans leurs communes. Il dépend beaucoup de vous d'arrêter au début ces réunions et émigrations de gens la plupart sans aveu ; ne négligez aucune des mesures nécessaires pour y parvenir, et veuillez me tenir informé de ce que vous aurez fait et des résultats que vous aurez obtenus.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération trèsdistinguée.

Le Préfet,
A. DE SIVRY.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale