UFC Que Choisir de Nancy et environs

1852 - Le danger des cafés ambulants

Nancy, le 6 septembre 1852.

MESSIEURS,

M. le Ministre de la Police générale, consulté sur la question de savoir si les dispositions du décret du 29 décembre 1851 sont applicables aux débitants forains de boissons, qui viennent s'établir en plein air ou sous tentes, dans les foires, marchés et fêtes locales, vient de faire connaître par une circulaire récente, que ces débitants ne peuvent se livrer à ce genre de commerce sans l'autorisation préalable de l'autorité administrative.
Cette interprétation est de tous points conforme à l'esprit du décret précité. Le législateur a eu pour but de diminuer les causes de désordre et de démoralisation résultant de la multiplicité des débits de boisson et de la difficulté de les surveiller; il a voulu surtout protéger les campagnes contre ce danger permanent ou périodique ; ce but serait manqué si les débitants forains de boissons n'étaient point soumis aux mêmes conditions que les autres ; si l'autorité administrative ne pouvait en déterminer le nombre selon les besoins de la population, et en vérifier la moralité et les antécédents.

Il est constant, en effet, que le trop grand nombre de ces industries, dans les foires, marchés et fêtes patronales, favorise d'une manière fâcheuse le développement des mauvaises passions, la licence des moeurs publiques, et rend impossible la surveillance efficace de l'autorité locale. En outre, l'expérience de ces derniers temps a démontré que c'était trop souvent sous la tente des cabarets forains que les fauteurs de désordre réussissaient à égarer et à affilier aux sociétés secrètes, le cultivateur honnête et laborieux qui venait y chercher quelques instants de repos.

Vous voudrez donc bien prendre des mesures pour que procès-verbal soit dressé contre tout débitant forain de boissons qui se livrerait, même accidentellement, à cette industrie, sans être muni de mon autorisation. Le procès-verbal devra être adressé à M. le Procureur de la République, pour y être donné, par ce magistrat, telle suite que de droit.

Je recommande à MM. les Maires de faire connaître ces dispositions à leurs administrés, en invitant ceux qui voudraient exercer l'industrie de débitants forains de boissons, à se pourvoir en temps utile de l'autorisation dont ils ont besoin.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très-distinguée,

Le Préfet,
A. DE SIVRY.

Document publié le 01-01-2004

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