UFC Que Choisir de Nancy et environs

1880 - La detection de la cécité

Nancy, le 10 septembre 1880.

Monsieur le Maire,

Vous trouverez ci-après :

1° Une circulaire de M. le Ministre de l'intérieur, du 6 de ce mois, relative aux conditions à remplir par les Aveugles, pour obtenir, soit une pension viagère sur les fonds de l'hospice national des Quinze-Vingts, soit leur admission à la clinique ophtalmologique annexée à cet établissement ;

2° Une note sur les moyens à employer pour établir le diagnostic de la cécité, sa curabilité ou son incurabilité.

Je vous recommande de donner à ces documents la plus grande publicité possible par les moyens dont vous disposez.

Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Préfet, M. BAILE.


Paris, le 6 septembre 1880.

Monsieur le Préfet, une Clinique nationale ophtalmologique , destinée aux aveugles indigents atteints de cécité curable, vient d'être annexée à l'Hospice national des Quinze-Vingts, qui demeure réservé aux infirmes dont la cécité est complète et incurable.

Par suite de cette création, il y aura lieu désormais, lorsqu'un aveugle sollicitera son admission dans l'un de ces deux établissements, de l'examiner à un triple point de vue :

1° Sa cécité est-elle incomplète et incurable ?
2° Sa cécité est-elle complète et incurable ?
3° Sa cécité est-elle complète ou incomplète et curable ?

Dans le premier cas, les demandes des pétitionnaires ne pourraient pas être accueillies.

L'indigent rentrant dans la deuxième catégorie peut aspirer à une pension annuelle et viagère sur les fonds de l'Hospice national des Quinze-Vingts.

Quant aux aveugles dont la cécité, complète ou incomplète, présente quelques chances de guérison, ils pourront être admis à la clinique ophtalmologique.

Dans cette situation, il ne vous échappera pas, Monsieur le Préfet, qu'il importe au plus haut point d'éviter toute confusion et de déterminer exactement la catégorie à laquelle appartient chaque aveugle. Il serait, en effet, très-regrettable que des indigents atteints d'une infirmité incurable soient dirigés sur la Clinique nationale ophtalmologique et que les fatigues et les dangers d'un long et coûteux voyage leur soient imposés sans qu'ils aient à espérer aucune compensation.

En conséquence, j'ai l'honneur de vous communiquer une note dans laquelle les spécialistes qui dirigent la clinique indiquent les procédés qu'auront à employer, pour établir le diagnostic de la cécité, les médecins appelés à examiner les aveugles qui demanderaient leur admission à la clinique ophtalmologique ou à l'hospice des Quinze-Vingts. A la suite de cet examen, ces médecins délivreront, s'il y a lieu, aux pétitionnaires, des certificats conformes au modèle ci-annexé.

Je vous prie de vouloir bien faire insérer ces documents au Recueil des actes administratifs de votre département.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Ministre de l'intérieur et des Cultes,
CONSTANS.

Document publié le 01-01-2004

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