UFC Que Choisir de Nancy et environs

1880 - Les conseils médicaux du préfet

Nancy, le 10 septembre 1880.

Monsieur le Maire,

L'attention de M. le Ministre de l'Intérieur a été appelée sur les ravages exercés par l'ophtalmie purulente, qui serait une des causes les plus fréquentes de la cécité : sur cent aveugles, on en compterait, en effet, trente-deux qui le sont devenus par suite de cette affection.

M. le Ministre m'adresse en conséquence une note sur les moyens de prévenir ce genre d'ophtalmie. Je vous prie d'en donner connaissance à tous vos administrés par tous les moyens de publicité dont vous disposez.

Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération trèsdistinguée.

Le Préfet, M. BAILE.

Paris, le 6 septembre 1880.

Monsieur le Préfet, mon attention a été appelée sur les ravages exercés par l'ophtalmie purulente, qui serait une des causes les plus fréquentes de la cécité : sur cent aveugles, on en compte, en effet, trente-deux qui le sont devenus par suite de cette affection.

Vous trouverez ci-jointe une note sur les moyens de prévenir ce genre d'ophtalmie. Il serait à désirer, Monsieur le Préfet, que cette note reçut la plus large publicité possible. Je vous prie, en conséquence, de la faire insérer au Recueil des actes administratifs et de la porter, par tous les moyens dont vous disposez, à la connaissance du Corps médical de votre département, et notamment des médecins chargés du service de la médecine gratuite en faveur des indigents des campagnes.

Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération très-distinguée.

Le Ministre de l'Intérieur et des Cultes,
CONSTANS.


NOTE
sur les moyens à employer pour prévenir l'ophtalmie purulente.

1 ° Emploi de l'eau phéniquée à 1 / 250 en lotions fréquentes dans toutes les hvpérémies conjonctivales, les conjonctivites catarrhales, purulentes, granuleuses ;

2° Eau phéniquée et sulfate neutre d'ésérine (cinq centigrammes pour dix grammes d'eau distillée) dans les conjonctivites pustuleuses, vésiculeuses, ulcéreuses et les abcès de la cornée ;

3° Eau phéniquée et atropine (cinq centigrammes pour 10 grammes d'eau distillée) lorsqu'il y a en même temps iritis ;

4° Enfin, la glace méthodiquement appliquée dans certains cas particuliers, mais exceptionnels, et plus habituellement, au contraire, l'eau chaude, tels sont, dans leur ensemble, les moyens locaux qui devraient être employés par tous les médecins, en attendant un traitement qui serait institué par un spécialiste, dans le cas où la maladie tendrait à prendre, malgré ces moyens, un caractère de gravité nécessitant la mise en oeuvre de tels ou tels autres, que celui-ci jugerait utiles, avant que la maladie ne se fût déjà terminée par une perforation, comme c'est la règle avec les collyres métalliques instillés dans les culs-de-sac de la conjonctive.

Document publié le 01-01-2004

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