UFC Que Choisir de Nancy et environs

1881 - La préparation des éléctions

Nancy, le 6 août 1881.

Messieurs,

M. le Ministre de l'intérieur et des cultes vient de m'adresser une circulaire rappelant les principes qui doivent régler l'attitude et la conduite des fonctionnaires et agents dépendant de son administration, pendant le cours de la période électorale.

J'ai l'honneur de vous communiquer cette circulaire, en vous invitant, Messieurs, à vous conformer scrupuleusement aux recommandations qu'elle renferme, et qui s'appliquent également aux agents placés sous vos ordres. Vous veillerez à ce qu'elles soient portées à leur connaissance.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Le Préfet, Martial BAILE.


Paris, le 31 juillet 1881.

Monsieur le Préfet,

Au moment où s'ouvre la période électorale, qui précède le renouvellenient de la Chambre des députés, je juge utile de vous rappeler les principes sur lesquels vous avez à régler votre attitude et la conduite des fonctionnaires placés sous vos ordres.

Le gouvernement de la République, vous le savez, réprouve énergiquement la candidature officielle. Fidèle aux doctrines qui sont l'honneur de la démocratie républicaine, il est résolu à s'abstenir de toute action électorale.
Cette réserve, qu'il poussera jusqu'au scrupule, ne saurait être considérée comme une marque de faiblesse. Les gouvernements forts, assurés de l'assentiment du pays, peuvent, seuls, se livrer avec confiance au jugement de l'opinion. Sans doute, le Gouvernement désire trouver, dans les manifestations du suffrage universel, la ratification de sa politique et le gage de l'attachement, toujours croissant, du pays aux institutions qui nous régissent. Mais ces témoignages de l'esprit public seraient sans prix, si leur sincérité pouvait être suspectée.

Vous êtes, Monsieur le Préfet, trop pénétré de ces principes, pour qu'il soit nécessaire de vous en recommander l'application. Au milieu des compétitions qui vont s'engager, vous n'aurez qu'un devoir à remplir : exiger de tous les partis, au-dessus desquels vous êtes placé, la stricte et rigoureuse observation des lois. L'autorité dont vous êtes le dépositaire ne saurait, sous aucun prétexte et dans aucun cas, être mise au service d'intérêts particuliers. L'administration ne se diminue pas, elle s'honore au contraire, en se réduisant au rôle de témoin impartial et de gardien vigilant des luttes électorales.

Telle est, Monsieur le Préfet, la règle de neutralité absolue que le Gouvernement désire vous voir suivre. J'ai la confiance que vous n'aurez à rappeler au sentiment de ce devoir aucun des agents placés sous votre direction. Je vous invite toutefois à tenir la main à ce que mes instructions soient observées de tous et à me signaler ceux qui s'écarteraient de cette ligne de conduite. Je n'hésiterais pas, s'il est nécessaire, à prendre de promptes et sévères mesures de répression.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Ministre de l'intérieur et des cultes,
CONSTANS.

Document publié le 01-01-2004

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